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Auteur : Rily
Postée le : 01/01/2006
Note : 9
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Histoire :
Le Docteur Weir patientait en salle de contrôle. Six heures s'étaient écoulées depuis la dernière communication en provenance de M4X 481, une planète explorée actuellement par l'équipe du Lieutenant Colonel Sheppard. Normalement celui-ci aurait dû reprendre contact il y a de cela une heure, et l'attente se faisait de plus en plus inquiétante.
Elisabeth croisait les bras, dissimulant avec peine tout ce stress, enfouit au plus profond de son cœur et dont les battement résonnaient de plus en plus fort au creux de sa poitrine.
On lui apporta un café tiède. Elle y trempait les lèvres de temps à autre sans trop oser d'en boire : la nervosité accumulée à tout ce qu'elle éprouvait déjà lui serait insupportable.
Un frisson la parcourait, un nœud se formait dans sa gorge, un malaise constant s'emparait d'elle et embrumait son esprit de visions troublantes : elle avait un mauvais pressentiment. Ce n'était pas la première fois qu'elle ressentait ces symptômes et les rares occasions où elle avait perçut un malheur s'étaient avérées factrices de vérité.
- Activation extérieure ! déclara soudain une voix dans la pièce.
Weir s'approcha de la console et analysa les données qui s'affichait sur l'écran : il s'agissait de M4X 481. La communication grésillait et l'on distinguait à peine la voix de Teyla :
- Nou ...chhhrrccchhhrr... ttaqué ...ccchhrrhhcchhr... aith !
Au même instant le code d'identification fut reconnu par le système. Elisabeth ordonna de baisser le bouclier. Ronon Dex et Teyla traversèrent la Porte en détalant. La jeune femme cria à travers toute la pièce :
- Levez le bouclier !
Le Docteur Weir hésita : où étaient passés Sheppard et McKay ? Ne traversaient-ils pas en ce moment même le Stargate ? Teyla la rappela à l'ordre :
- Docteur Weir je vous en prie !
Elisabeth leva le champ de force qui protégeait la Porte. Il s'en suivit un impact violent, probablement la détonation d'une bombe.
Weir rejoignit les deux arrivants en courant :
- Que s'est-il passé ?
- Les Wraith ! articula le guerrier.
- Qu'est-il advenu du Colonel et de Rodney ?
Teyla et Ronon se dévisagèrent, l'air incertain, encore essoufflés. Après une longue minute d'attente, l'Athosienne reprit la parole :
- M4X 481 est inhabitée, pour le peu que nous en avons vu. Nous n'y avons trouvé que des ruines. Nous visitions la planète lorsque nous nous sommes aperçus que le Docteur McKay manquait à l'appel. Nos radios fonctionnaient très mal pour une raison qui m'échappe encore. Sous l'ordre de Sheppard, nous nous sommes divisés pour le retrouver. Le Colonel est parti seul à sa recherche tandis que moi et Ronon sommes restés ensemble. Vingt minutes plus tard les Wratih ont débarqués. Nous avons rejoint la Porte le plus vite possible mais n'y avons vu ni le Colonel, ni McKay.
- Nous n'avons pas pu attendre davantage, enchaîna Ronon, les Wraith étaient partout !
- J'ignore s"ils s'en sont sortis, ajouta sombrement Teyla.
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Un tir de dart se planta dans le sol, deux mètres derrière lui. L'effet fut le même que celui d'une grenade qui explosait : l'onde de choc et le souffle de la détonation le propulsèrent dans les airs sur une distance de six mètres. Il se réceptionna mal et hurla lorsqu'il sentit son épaule se déboîter au contact du sol. Il se releva en gémissant et repartit en courant.
Il était à découvert, le chasseur Wraith ne le raterait pas une seconde fois. La douleur parcourait son bras et lacérait une partie de son dos. Néanmoins, il gardait son sang froid et ses idées claires. Pourquoi voulaient-ils le tuer ? Ca n'étaient pourtant pas dans leurs habitudes !
Il observa le vaisseau qui revenait dans sa direction à une altitude nettement plus basse, décidé à tuer le Colonel quelque en soit le prix. Sheppard eut l'étrange impression que ce pilote qui le pourchassait depuis tout à l'heure lui en voulait personnellement, comme s'il l'avait connu, auparavant...
John rageait. Aucun abri. Son regard parcourut l'horizon lorsqu'il aperçut une irrégularité, une cavité formé dans la roche, à une centaine de mètres sur sa gauche. Il prit cette direction, espérant l'atteindre avant d'être à nouveau à la portée de tir de son ennemi.
Le vaisseau se rapprochait de plus en plus, Sheppard pouvait entendre les moteurs qui résonnaient en un bruit strident. Il pouvait imaginer le sourire qui s'affichait sur le visage du Wraith qui cherchait tant à lui ôter la vie. Il pouvait presque même le sentir appuyer sur la commande de tir. Le rayon destructeur l'atteignit l'entrée de la grotte au moment il se ruait à l'intérieur.
Il y eut un éboulement et la sortie fut complètement bouchée. Une pierre heurta le crâne du Colonel qui tomba à terre inconscient. Le chasseur Wraith s'éloigna, il ne se faisait entendre que le glissement de quelques petits cailloux qui cherchaient malicieusement leur place parmi les décombres ainsi que la lente et pénible respiration du militaire qui résonnait dans cet espace restreint où l'atmosphère se faisait de plus en plus lourde.
Ce souffle régulier s'interrompit en une toux violente, provoquée par la terre sèche qui lui brûlait la gorge et les poumons. Il ouvrit les yeux et se redressa avec peine tout en soutenant son épaule dans laquelle se propagea une brusque décharge de douleur qui lui arracha un cri. L'obscurité de ce lieu l'obligea à allumer une lampe de poche. La lumière déclencha chez lui une migraine atroce. John se passa la main dans les cheveux et tâta à l'endroit douloureux. Lorsqu'il la retira, il put apercevoir que ses doigts étaient légèrement recouverts de sang. Il grimaça.
Il regarda en direction de l'entrée complètement inaccessible. Il n'eut pas besoin de s'y attarder davantage pour comprendre qu'il ne sortirait pas par là. D'immenses blocs de pierre obstruaient le passage devenu impossible et Sheppardn'avait pas la force nécessaire pour les déplacer et former une petite trouée qui lui permettrait de respirer un peu d'air frai. De l'autre côté de la grotte, il s'agissait d'un cul de sac.
Il réfléchis à sa situation, calme. Il était blessé, sur une planète inconnue et dangereuse, coincé dans un espace où l'air se faisait manquant à chaque minute qui s'écoulait. De plus il n'avait aucun moyen de contacter l'extérieur, les communications étant très mauvaise. McKay avait disparu, sans prévenir, lui qui n'aimait pourtant pas se déplacer sans garde du corps... Quand à Teyla et Ronon, rien n'était moins sûr... Avaient-ils atteint la Porte, étaient-ils prisonniers de l'ennemis ou tout simplement abattus ? Et en ce qui concernait la base... il doutait qu' une équipe soie mise en place avant quatre où cinq heures, même si le Docteur Weir s'arrangeait toujours pour que les secours arrivent à temps. Avec la dispute de ce matin et les menaces qu'il lui avait lancé, il n'espérait pas qu'elle soit d'humeur à venir le chercher... En clair, il était tout seul...
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John resta immobile, accolé à une paroi polie, dans le noir étouffant de l'endroit, se remémorant avec regret la dispute qui avait éclaté ce matin. S'il avait su qu'il en serait arrivé là, peut-être que tout n'aurait pas dégénéré comme ce fut le cas. S'il avait su...
FLASH-BACK
John arriva dans le bureau du Docteur Weir. Il la vit ranger quelques feuilles dans un classeur. Durant ce bref instant, rien ne put l'empêcher de constater qu'elle tremblait et il devait l'admettre, de manière inquiétante. Elisabeth s'aperçut assez rapidement de sa présence et s'empressa de croiser ses mains, tentant ainsi de dissimuler sa nervosité.
- Tout va comme vous voulez Docteur ? s'inquiéta le militaire.
- Oui.
Il y eut un bref silence qui fut interrompu par John :
- Vous vouliez me voir ?
- Exact. Vous ne partez pas sur M4X 481, déclara-t-elle un peu embarrassée.
- Pour quelle raison ?
Elisabeth ne répondit pas tout de suite, ce qui rendit Sheppard perplexe :
- Docteur ? Il y a bien une raison, n'est-ce pas ?
- Bien sûr ! assura-t-elle.
Il la regardait attendant la suite.
- Je voulais vous affecter, votre équipe et vous à une autre mission...
- Qui est... ? l'incita-t-il.
- Aphrodis ! souffla Elisabeth.
- Quoi ?! s'écria Sheppard.
Elle s'expliqua :
- Leur nouveau Commandeur est intéressé par une alliance entre nos peuples et...
- Désolé Docteur, ce sera sans moi ! la coupa-t-il.
- Vous n'avez pas à refuser ! dit-elle implacable.
- Dois-je vous rappeler, dit-il un tn au dessus en se levant subitement, que j'y étais emprisonné pendant près de deux semaines pour meurtre, manipulé et intoxiquer pour finir condamné à mort et abattu par leur ancien Commandeur ?
- Je m'en rappelle parfaitement, vous le savez bien ! Et moi non plus je n'en ai pas gardé un excellent souvenir... dit-elle sombrement. Mais ce traité est crucial pour notre avenir ! Imaginez tous les bénéfices que nous pourrions en tirer !
- Croyez-moi Docteur c'est une mauvaise idée ! assura Sheppard.
- Vous allez jugez tout une civilisation sur un seul homme aujourd'hui mort ?
- Je ne retournerai pas là-bas ! Jamais ! vociféra John en tapant du poing sur la table. Jamais , vous m'entendez ? !
Il la regarda un instant, la haine inondant son visage. Ses yeux étaient chargés d'éclairs et de la sueur perlait sur son front. Puis Elisabeth y observa un changement qui transforma cette dure expression. La peine remplaça peu à peu la colère et John préféra se retirer avant d'être démasqué. Il partit d'un pas énervé. Weir se leva et le rejoignit en courant :
- Ecoutez John vous...
- Non ! C'est à vous d'écouter ! dit-il en se retournant brusquement, lui jetant un dur regard qu'elle évita. J'ignore pourquoi vous désirez nous empêcher d'aller sur cette planète mais la cause est que n'êtes peut-être plus capable de diriger cette base ! déclara-t-il sèchement.
Elle en eut le souffle coupé :
- Quoi ? articula-t-elle.
-Il ne faut pas être médecin, commença froidement Sheppard, pour constater que vous ne fermez plus l'œil de la nuit. Vous êtes livide et vous somnolez en permanence. Vous tremblez même à faire peur et pourtant, ajouta-il ironiquement, il ne fait pas froid ! J'ignore qu'elle est la cause de tout ce stress mais je crois que cela influence votre façon de penser et d'agir !
- Non c'est faux ! s'exclama Weir. Je ...
Il ne lui laissa pas le temps de se justifier et poursuivit à voix basse, de sorte qu'il n'y eût qu'Elisabeth qui l'entendit :
- Que les choses soient claires, Docteur. Si vous ne demandez pas rapidement quelques jours de congé, c'est moi qui m'en chargerais et je le ferais sans doute avec beaucoup moins de souplesse : vous serez relevez de vos fonctions. C'est bien compris ?
- Vous ne pouvez pas ! se révolta-t-elle sur le même ton.
- J'ai certainement plus de pouvoir que ce que vous ne semblez l'imaginer ! termina-t-il d'une voix glaciale, lourdes de menaces...
Sur ce, il s'éloigna et rejoignit son équipe qui se préparait pour leur prochaine mission.
FIN DU FLASH-BACK
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Le professeur Hélène Gironde entra silencieusement dans le bureau du Docteur Weir. Elle haussa un sourcil en voyant sa supérieure immobile, le visage enfouit dans ses mains, respirant régulièrement. La pièce n'était pas grande et Gironde passait souvent près de cette salle pour parvenir à ses locaux. La plupart du temps, les entretiens avec le Docteur restaient silencieux mais il arrivait aussi que le son des voix énervées parviennent aux oreilles de la citée, et plus particulièrement à celles d' Hélène, dont la curiosité n'a d'égal que sa détermination à son travail et aussi, son obstination à dire haut et fort ce qu'elle pense. C'est pourquoi elle ne put s'empêcher de remarquer, une pointe de sarcasme dans la voix :
- L'atmosphère doit souvent être " électrique " ici, n'est-ce pas ?
La linguiste observa sa supérieure, stupéfaite du fait que le Docteur Weir ne réagit pas à cette allégorie. Elle l'analysa un moment avant de comprendre qu'elle s'était tout simplement endormie. Gironde avait entendu des rumeurs sur la santé d'Elisabeth. Il semblerait que ces rumeurs ne se soient pas créées sans fondement... Weir était toujours la première debout et la dernière à se coucher. Il devenait donc évident qu'elle ne dormait pas beaucoup, mais de là à dire qu'elle ne dormait pas du tout, il y avait tout un monde...
Toujours est-il que Weir avait fait demander Gironde et que pour l'instant, elle n'ai pas envie de partager la raison pour laquelle elle avait besoin de celle-ci. Hélène émit un petit raclement de gorge puis un second, plus bruyemment, sans succès. L'archéologue soupira d'exaspération. Elle ouvrit doucement la porte du bureau puis lorsque la distance fut suffisamment grande elle la referma avec force et élan. Le choc et le bruit qui s'en dégagea effaça l'ambiance morne et immobile de l'endroit.
Le Docteur sursauta suite à tout ce fracas et maladroitement, elle renversa sa tasse de café. Le liquide glissa malicieusement sur le bureau, traversant rapports de missions dossiers médicaux et traductions, avant de tomber irrémédiablement sur les vêtements d'Elisabeth qui imbibèrent la boisson brûlante. Weir se leva de sa chaise, agitée, secouant son pantalon et son pull-over rouge.
Gironde esquissa un sourire et fit la moue l'air malin, l'expression coupable et satisfaite.
Le Docteur Weir se rassit constatant qu'une énorme tâche brunâtre parcourait ses vêtements. Elle en fit abstraction et s'adressa à Hélène :
- La prochaine fois vous pourriez peut-être m'avertir de votre présence d'une manière un peu plus... discrète ?
- La prochaine fois je ne serais peut-être pas obligée de vous réveiller ! railla la jeune femme, souriante.
- Ca n'était pas drôle ! lui rappela Elisabeth.
- Seulement depuis votre point de vue ! déclara Gironde.
Elisabeth ne tint plus compte de l'incident et en vint au fait :
- Ce matin, le Lieutenant Colonel John Sheppard ainsi que le Docteur Rodney McKay ont disparus, sur M4X 481...
- Je suis au courant, abrégez ! s'impatienta la linguiste.
- J'aimerais que vous, le Docteur Beckett, Ronnon Dex, Teyla ainsi que moi-même partions pour une mission de recherche...
- Sans blague ? s'esclaffa Hélène.
- Quel est le problème ? s'interloqua Weir face à la remarque désobligeante.
- Vous voulez partir sur une planète tombée sous le feu ennemi, avec seulement deux personnes sur cinq aptes à se battre ? Ma parole, Vous êtes tombée sur la tête ?
Elisabeth appréciait peu l'arrogance et l'insolence de la jeune femme, mais à présent, elle savait qu'elle n'y changerait plus rien , alors elle ferma les yeux une fois de plus sur les répliques mordantes et argumenta le problème :
- Teyla et Ronon sont de très bon combattants et nous avons envoyé une sonde : la planète est déserte, il n'y a plus trace d'un Wraith...
Gironde dévisagea Weir et tout en analysant le visage duplicite de celle-ci, elle y découvrit la vérité au travers de ses yeux qui semblaient être une fenêtre sur son esprit.
- Vous n'avez pas l'autorisation de faire cette mission n'est-ce pas ? commença le Française. C'est pour cela que vous faîtes appel à Ronon et Teyla. Ils ne sont pas sous les ordres directs de Cadwell et donc c'est à vous qu'ils obéissent. Quand à Carson, je crois savoir que c'est un ami de longue date, c'est bien ça ?
- Ecoutez Hélène... se justifia Elisabeth.
L'autre l'arrêta d'un geste:
- Non Docteur, je n'ai pas bossée comme une forcenée pour être vulgairement appelée " Hélène ". Dois-je vous rappelez que je suis Professeur dans l'une des meilleures institution de France ?
- Très bien " Professeur ", laissez-moi vous expliquer. Pour le Colonel Cadwell " il y a d'autres tâches plus importantes à accomplir. Chacun sait qu'il prend un risque en franchissant la Porte et blablabla... ". Si je vous demande de participer c'est parce que j'ai confiance en vous plus qu'en n'importe qui d'autre présents en ce moment même sur cette base et...
Hélène haussa un index indiquant qu'Elisabeth n'employait pas la bonne méthode :
- Non Docteur, si vous me demandez ceci, c'est uniquement parce que vous savez que je ferais n'importe quoi à l'encontre de Cadwell.
- Vous êtes perspicace, commenta Weir.
- C'est le pays qui veut ça !
- Très bien allez vous préparer. Nous partons dans une heure.
- Et Cadwell ?
- Je trouverai un argument pour notre départ. Nous irons d'abord vers une autre planète et de là nous composeront l'adresse de M4X 481.
Hélène hocha la tête puis s'éloigna avant de revenir le sourire aux lèvres :
- Une dernière chose Docteur, lequel est-ce ?
- J'ignore de quoi vous parlez ! répondit froidement Elisabeth.
- Je ne vous crois pas.
- Votre question est déplacée ! Maintenant allez vous préparer. C'est ordre ! ajouta-t-elle sèchement.
Gironde pouffa et regarda attentivement le Docteur de son clair regard pénétrant. Elisabeth crut l'instant d'une seconde qu'elle pouvait percevoir ses pensées. Finalement Hélène s'en détacha et toujours avec le sourire elle conclut la conversation d'un ton espiègle, en inclinant respectueusement la tête :
- A vos ordres !
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McKay reprit progressivement connaissance. Il avait froid. Quel imbécile avait encore oublié de fermer les portes ?Il chercha sa couverture en tâtant d'une main aveugle le matelas. Il grogna du fait qu'il ne trouvait rien. De tout manière, c'était sans importance. Il se lèverait dans peu de temps puis descendrait au self prendre son petit déjeuner, habillé cette fois-ci. Il se tourna sur le dos, la lumière environnante l'éblouissait alors qu'il gardait les yeux fermés. Il se risqua à en ouvrir un et découvrit avec désarroi le ciel blanc à la place du plafond bleu terne de sa chambre.
Toute une série d'images défila devant sa pupille égarée en plein songe : la traversée de la Porte, la planète déserte, les ruines, le temple dans lequel il s'était introduit silencieusement comme un voleur poussé par sa curiosité, l'appareil portable des Anciens qu'il y avait trouvé...
Un autre flot de souvenirs plus violent l'envahit : une attaque ennemie, les Wraith, les dart, les tirs fusant en tout sens... C'eut été l'enfer durant les quelques minutes qu'y vécu Rodney. Néanmoins la suite lui apparaissait obscure... Il lui semblait avoir trouvé un abri, à l'extérieur de la ville détruite. Puis il s'était réveillé là. Où était-il déjà ? Ah oui, sur M4X 481, à trois années lumière d'Atlantis...
Il sursauta et se redressa tout aussitôt.
- Restons calme, rien ne sert de paniquer...commença-t-il le regard dans le vide.
La crainte se fraya soudainement une place dans son esprit et tel un virus qui s'introduit dans un ordinateur, elle affola l'ensemble du système :
- Qu'est-ce que je raconte moi ? Il faut que retourne à la base avant que les Wraith ne me tombe dessus ! Mais... si ça se trouve... ils ont détruit la Porte ! Et je serais cloué ici ! Pire : il empêche la fermeture du vortex, entraînant ainsi une surtension de la Porte qui, en explosant, détruira la totalité de cette planète ! (comme ce fut presque le cas il y a peu de temps sur Terre !). De cette manière, les Wraith s'assurerait de ma mort...
La panique s'emparait de lui et l'entraînait à grands pas vers la folie :
- S'ils veulent que je meurs, ils peuvent toujours faire exploser le Soleil de ce système ! Cela entraînerait une supernova et comme il s'agit ici d'un système binaire, cela engendrait la création d'un trou noir qui aspirera tout à des millions de kilomètres, moi y compris !
Il cogita ainsi pendant près de vingt minutes lorsque soudain, la raison reprit le dessus :
- Atlantis ! murmura-t-il. Je dois rentrer !
Il se leva et chuta aussitôt en criant, se tordant de douleur et massant avec peine sa cheville droite enflée. Il se rappela que durant l'attaque surprise, lors de sa course, il avait fait un faux pas qu'il lui fut fatal, d'où la présence de cette entorse.
L'astrophysicien grimaça de par la souffrance qui parcourait toute sa jambe. Il avait égaré son sac où étaient rangées toutes ses affaires médicales et scientifiques. Il regarda à droite et à gauche sans trop savoir ce qu'il cherchait. La végétation équatoriale était dense et touffue. Il n'eut aucun mal à débusquer une branche d'arbre solide sur laquelle il put s'appuyer.
Il marcha pendant près d'une heure, complètement perdu. Il marchait près d'un arbre au large tronc lorsqu'il sentit, un peu tard, une corde se resserrer autour de sa cheville blessée et le tirer dans les airs dans un hurlement strident qui traversa toute la jungle.
McKay se balançait à présent dans le vide, souffrant le martyre, sa cheville étant lacérée par le lien qui maintenait tout son poids. Pourquoi avait-il fallut qu'il aille dans cette direction ? Pourquoi avait-il marché près de cet arbre ? Pourquoi quelqu'un avait-il placé un traquenard à cet endroit précis ? Pourquoi ce ne fut pas son pied gauche qui tomba dans le piège ? Si Dieu existait, ce qui restait à démontrer vis à vis du scientifique, il lui en voulait personnellement ! Et cela ne faisait que commencer...
Une dizaine de minutes plus tard, trois hommes de grande taille au teint mat et aux yeux noirs arrivèrent. Ils portaient peu de vêtement, laissant apparaître leur carrure imposante de guerriers. Rodney les regarda avec des yeux ronds : la planète était pourtant déserte, que faisaient-ils là ? Un frisson lui parcourut l'échine à cette idée : ils venaient chercher leur gibier...
Ils restèrent impassibles. L'un d'eux sortit de sa large ceinture ce qui ressemblait à un boom-rang aux bords tranchants et aiguisés et l'envoya en direction de McKay. Celui-ci ferma les yeux, ne désirant pas voir l'objet qui le décapiterait en un temps record. Mais au lieu de s'attaquer à sa gorge, l'arme trancha la corde et le scientifique atterrit violemment sur le sol, incapable de bouger, soit par le choc, soit par la peur qui paralysait tous ses membres.
Deux des guerriers le traînèrent au sol, comme un mort dont on veut se débarrasser, le troisième fermant la marche. Rodney remarqua qu'ils portaient des arcs, confectionnés de manière étrange dans du bois exotique. Ils arrivèrent au sein d'une ville bâtie en pierre de façon basique et primaire, du style Egypte ancienne, mais située au milieu d'une jungle luxuriante.
Rodney aperçut sur sa droite à la lisière des arbres, un anneau de grande taille.
- La Porte ! souffla-t-il.
On l'emmena dans un endroit où la chaleur devenait insupportable. Tous les habitants du village (qui devaient être peu évolués) dansaient, gesticulaient et chantaient dans une langue étrangère à McKay : Pourquoi était-il tombé sur la seule planète où l'on ne parlait pas américain ? Il remarqua que toutes leurs actions étaient coordonnées, comme un rituel.
Et c'est alors qu'il le vit, un immense récipient de quatre mètres de haut et de six mètres de large, reposant sur un feu de l'enfer. A cette image d'horreur, McKay recouvra l'usage de ses jambes de même que celui de la parole :
- Oh non ! Des cannibales !
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Sheppard poussa un long soupir d'ennui. Il n'y avait rien à faire, juste attendre. Il testa sa radio, mais le signal restait malgré tout brouillé. La lumière de sa lampe faiblissait, il serait dans le noir complet sous peu de temps. Il dirigea le faisceau vers la paroi d'en face et s'amusa à y dessiner des rond lumineux et autres formes imaginaires. Il s'en lassa rapidement et glissa le rayon sur le sol où il aperçut, surpris, des traces de Rangers, différentes des siennes.
- McKay ! s'écria-t-il.
Il suivit du regard la direction où menaient les empruntes et y découvrit un sac, sans nul doute appartenant à ce dernier. Il se déplaça tant bien que mal vers l'endroit où reposait le paquetage. Il en oublia son épaule et faisant un faux mouvement, la douleur revint aussi sec, plus atroce que les fois précédentes.
Il déballa les affaires qui comportaient en un PC hors-service, deux pulls, quelques livres, de l'eau, quatorze barres chocolatées, deux thermos de café corsé, une boussole, un Berreta, une boîte d'allumettes, de l'écran total, des lunettes de soleil, plusieurs stylos de différentes couleurs, un CD de rock...ainsi que d'autres objets dont John ne percevait pas l'utilité. Il but de l'eau et mangea un peu lorsqu'il remarqua à un mètres de lui un appareil inconnu, recouvert de poussière ocre . Il prit l'engin qui émit plusieurs bips et signaux lumineux au contact de ses doigts. Sheppard en conclut qu'il s'agissait d'une technologie Ancienne. Il y avait un boîtier sphérique où s'affichait un nombre dans la numérotation des Anciens ainsi que plusieurs commandes sur le côté dont une qui comportait un interrupteur rouge, interrupteur sur lequel John, poussé par sa curiosité, appuya.
Un escalier était accolé à la marmite géante. Rodney refusa de gravir une seule des marches et se débattit tant bien que mal contre les deux hommes qui le maintenaient tout en criant d'une voix nasillarde : " mais lâchez-moi, je suis atteint de la peste ! Non, en fait j'ai le cancer ! Et je... j'ai très mauvais goût parce que j'ai pas mis de chaussettes !... ". Il s'agita ainsi jusqu'au moment ou le troisième homme de derrière attrapa une lance et lui glissa la pointe acérée sous la gorge. McKay cessa tout mouvement brusque et soumis, il entama docilement sa montée pour l'enfer. Personne le tenait à présent, il y allait de lui-même, enfin... bien sûr, il n'y serait jamais allé si ce guerrier ne lui enfonçait pas progressivement son arme entre les omoplates ! Quel comble ! Il n'avait pas mangé depuis plus de six heures, son ventre criait famine et pourtant, c'est lui qui remplirait l'estomac des autres !
Il regarda la foule effrayé par le fait que les femmes et les enfants goûteraient eux aussi à la chair du Canadien. Ils paraissaient tous malades et affamés. Que s'était-il passé pour qu'ils en arrivent à ce stade de déchéance et de misère ? Il l'ignorait et ne le saurait probablement jamais...
Il arriva au sommet, franchit la dernière marche qui lui semblait plus étroite que les autres. Il regardait incertain l'eau bouillante qui dégageait une épaisse fumée blanche. Un jour, il avait essayé de cuir un homard Canadien pour noël. Il s'était battu avec la pauvre bête durant près de quarante-cinq minutes dans l'eau brûlante et avait obligé l'animal à ne pas s'échapper en lui frappant dessus avec le lourd couvercle en aluminium. Au repas du soir, on avait retrouvé dans la chair déchiquetée du crustacé bon nombre de coquilles qui l'avait rendu immangeable. Même s'il ne pouvait pas infliger ce genre de désagrément à ses consommateurs, Rodney espérait ne pas souffrir autant que la créature qui mesurait alors deux fois plus que sa casserole. Ce souvenir bien que triste lui rappela que dans quelques jours, le soleil se lèverait pour une nouvelle année, 2006, et qu'un banquet serait organisé par la base. Il ne pu s'empêcher de laisser s'échapper un sanglot à l'idée qu'il n'y participerait pas...
Il regardait sa mort en face, paralysé. Il avait fait plus de vingt-trois ans d'études, était devenu l'un des plus grands astrophysiciens de l'Histoire de l'humanité, pour finir au menu de ce soir.
Il se sentait si vulnérable en cet instant précis. Peut-être était-ce dans ces moments-là où ils en sont réduit à si peu, que les hommes perdent leur arrogance, leur égoïsme, toutes leurs croyances en tel ou tel principe... et comprennent enfin qu'ils ne valent pas mieux qu'un autre... Le Docteur Rodney McKay percevait à présent cette fatalité mais il aurait préféré ne jamais en arriver là...
On le poussa vers le vide.
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Sheppard regarda autour de lui, complètement abasourdi. Une lumière blanche en provenance de l'extérieur lui martelait le crâne, néanmoins l'air frais du dehors lui procurait une sensation de bien-être qu'il n'avait pas ressenti depuis des heures. L'appareil Ancien, le sac de McKay ainsi que toutes les pierres qui obstruaient la sortie s'étaient volatilisés en un éclair turquoise. Il attendit quelques minutes avant de se décider à bouger. John se leva péniblement et marcha longuement dans une forêt qui lui apparaissait nettement plus différente.
Avant de se réfugier dans la grotte, le Colonel n'avait aperçu que de petits buissons aux alentours ainsi qu'une vaste plaine de terre sèche comparable à la Vallée de la Mort. Or à présent, les arbres s'élevaient haut, par on ne sait quel miracle, étant donné qu'ils étaient pour la plupart morts et desséchés... Néanmoins leur branchage se perdaient dans un ciel jaune à peine visible et constituaient une maigre défense face aux deux soleils meurtriers.
Il se figea en entendant un cri strident qui résonna à travers la jungle morte et affola deux oiseaux exotiques qui s'envolèrent dans un battement d'aile soudain. L'un d'eux fut soudainement dépecé en plein vol par un objet tranchant qui virevoltait dans les airs. Sheppard eut le réflexe de se mettre immédiatement à couvert, et s'éclipsa derrière une plante grasse jaunâtre mesurant un peu plus de deux mètres et dont les feuilles larges mais flétries exhalaient une odeur de chlorophylle.
John distingua à travers le feuillage trois grands hommes qui lui apparaissaient comme trois catcheurs brésiliens de par leur carrure imposante et aussi de par leur traits qu'il n'avait observé qu'en Amérique du Sud.
- Tout indiquait que la planète était déserte... Que font-ils ici ces trois-là ? murmura-t-il.
Etant donné qu'il était blessé, qu'ils étaient trois et qu'il ignorait s'il s'agissait d'amis ou d'ennemis, il ne prit pas le risque de se montrer, et attendit patiemment qu'ils s'éloignent. Lorsqu'ils furent suffisamment distants, Sheppard se leva et, à pas de loup, il prit la direction inverse à celle qu'ils avaient empruntée. Il parvint miraculeusement à la Porte des Etoiles qui précédait la ville détruite et abandonnée et dont ils avaient fait la visite pendant près de cinq heures, avant que McKay ne disparaisse.
Pourtant, lorsque le Colonel y jeta un dernier coup d'oeil, il s'aperçut que la Cité n'avait aucun dommage, et paraissait même neuve. La pierre dans laquelle les habitations étaient construites, tirait sur le blanc et non sur le gris. Les fissures qu'il y avait remarquées auparavant semblaient s'être effacées.
Et à y regarder de plus près Sheppard y discerna tout un peuple. Comment avait-il pu ne pas s'en apercevoir la première fois ? Il y avait là quelque chose de pas clair... Dissimulé derrière une butte, il observa la scène qui se déroulait sous ses yeux. Tous s'agitaient et semblaient attendre, en psalmodiant dans une langue étrangère.
John, à la vue de leurs gestes et mouvements répétitifs, à l'écoute de leurs chants qui lui parurent religieux en conclut qu'il s'agissait d'un rituel, mais en l'honneur de quoi ou de qui, telle était la question. D'ordinaire, Sheppard ne se serait pas interrogé là-dessus, mais peut-être que cette-fois ci la réponse valait la peine d'être recherchée. Peut-être qu'en connaissant l'objet de ce culte, cela pourrait lui permettre de comprendre enfin ce qui se passe et aussi, ce qui était de loin le plus important : retrouver McKay.
Il regarda attentivement le spectacle, puis ce qu'il vit le fit tressaillir. Là-bas, au sommet d'une construction semblable aux pyramides des Mayas, un homme regardait lui aussi la scène, satisfait que tous ces gens lui obéissent au doigt et à l'œil, qu'ils lui vouent un culte tout en le considérant comme un dieu et lui fassent aveuglément de nombreux sacrifices en son honneur. Lui en revanche, ne leur donnait que la permission de se nourrir comme aujourd'hui et leur faisait croire que le peu de gibier qu'ils parvenaient à débusquer était le fruit de sa volonté...
Sheppard s'enragea à la vue de cet être narquois qu'il haïssait tant : un Wraith !
Voilà donc l'objet de toute cette cérémonie !
Le Colonel arma son P-90 et dirigea le viseur en direction de l'individu. Il ferma un œil et resserra son emprise sur l'arme. Son index commençait à presser la détente, lentement, de sorte que John ne rate pas son coup, mais aussi pour faire durer le plaisir d'ôter la vie une fois de plus à un membre de cette race ignoble.
A l'instant précis où la balle aurait dû s'éjecter du canon pour se frayer un chemin entre les deux yeux de la créature, Sheppard aperçut du coin de l'œil les trois hommes qu'il avait croisés dans la forêt, traînant sur le sol un quatrième qui reprenaient connaissance. Le Colonel aurait reconnut ce dernier entre mille.
Le Docteur McKay se tenait à présent en haut d'une énorme marmite bouillante, un homme l'y rejoignit, l'incitant à plonger. Sheppard n'en crut pas ses yeux ! Il allaient le cuir pour le dévorer par la suite ! La scène était effrayant à observer, et John sentit une vague de peine à la vue de Rodney qui restait debout, sans rien dire, acceptant son sort, l'expression du condamné emplissant ses yeux, témoignant du sentiment d'accablement et de désespoir que le Colonel avait longuement ressenti, il n'y a pas si longtemps que ça, sur une planète de fausseté et de complot.
Il soupira, le cœur lourd. Il devait prendre une décision et vite : soit il abattait le Wraith et mettait fin au règne ignoble de celui-ci, soit il tentait de sauver le Dr McKay et par la même occasion alertait tous les autres de sa présence entraînant ainsi une bataille où il aurait peu de chance de survivre...
Il fit son choix, et pressa la détente.
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L'équipe du Docteur Weir parvint sur M4X 481. Le ciel teintait légèrement sur le jaune, le climat était sec, la végétation quasi inexistante, et une ambiance de mort régnait entre les murs de la ville fantôme. Il ne persistait pas grand chose de l'endroit, pourtant, le Professeur Gironde en conclut beaucoup d'un simple coup d'oeil :
- D'après ce qui reste de l'architecture, je dirais que la civilisation qui a vécu ici serait semblable à celles qui existaient en Amérique du Sud, comme les Mayas, qui ont disparus mystérieusement il y a des milliers d'années.
- Pourtant, contesta Teyla, cette cité me paraît abandonnée depuis seulement quelques décénies...
- J'ai dit qu'il s'agissait d'une civilisation semblable ! Je n'ai jamais énoncé l'idée qu'il s'agissait des Mayas en personne ! s'emporta Hélène.
- Que sait-on sur l'origine de leur disparition ? l'interrompit Elisabeth.
- Il y a plusieurs hypothèses, commença Gironde. Certains pensent à une épidémie comme la peste. D'autres supposent qu'il s'agirait des conditions climatiques comme la sécheresse, le manque d'eau et donc la diminution des récoltes qui aurait entraîné la famine. Enfin pour les plus dingues, il s'agirait d'un génocide : et oui, ils se trouvent que nos amis étaient très friands de sacrifices humains.
- Et vous ? Quelle est votre opinion ? l'interrogea Weir.
- Sur Terre je ne me prononcerais pas. Mais sur cette planète, je dirais que c'est une combinaison des trois.
Chacun la regardait, attendant la suite.
- Le climat ici est désertique, vous êtes d'accord ? Sécheresse digne du désert de Colombie et température excessive. Ce n'est pas évident de faire pousser une plante, n'est-ce pas ? Or si vous regardez attentivement dans le sol vous remarquerez des empruntes rondes qui sont témoins des troncs d'arbres d'une jungle probablement luxuriante jadis, de même que les traces laissées par les plantes grimpantes sur ce bâtiment, expliqua l'archéologue en montrant du doigt une structure intacte. Et si vous regardez dans cette direction, vous remarquerez le lit d'une rivière asséchée. Donc, on peut en conclure qu'il a eu un brusque changement climatique au cours des cents dernières années ce qui a sans doute rendu la vie dure à l'époque. Comme je l'ai dit, les Mayas n'avaient pas peur de sacrifier hommes, femmes, et enfants pour apaiser la colère de leurs dieux. Mais quelque chose a certainement dû accélérer leur destruction comme une maladie grave qui se serait propagé dans les rares aliments qu'ils parvenaient à trouver...
- Le choléra par exemple ? intervint Carson.
- Exact ! approuva l'archéologue dont les yeux parcoururent le paysage sans vie de la ville abandonnée.
Elle termina son exposé, le regard dans le vide :
- Il est probable que lorsqu'ils en arrivèrent au plus mal..., elle hésita, ils se soient attaqués à eux-mêmes dans le but de survivre.
Un silence s'ensuivit, interrompu par le Docteur Weir :
- Vous pensez au cannibalisme ?
- Oui, répondit l'autre sombrement.
- Quoi ? s'écria Ronon. Comment pouvez-vous en déduire autant, seulement après deux minutes passées sur ce monde ? Vous n'étiez pas là il y a cent ans !
Pour toute réponse, Gironde ramassa quelque chose au sol et le tendit au Docteur Beckett qui l'analysa aussitôt :
- Il s'agit d'un os de tibia, appartenant probablement à une femme ou un enfant mort il y a une soixantaine d'années environ. Les marques qui parcourent l'ensemble de la partie centrale correspondent à des entailles faites par des dents comme si l'on avait rongé l'os afin qu'il n'en reste plus une seule once de chair...
La nouvelle glaça le sang à tout le monde. Chacun éprouvait du dégoût et grimaça mais Elisabeth en fut la plus touchée. Elle avait le cœur au bord des lèvres, se remémorant les paroles du médecin : " appartenant à une femme ou un enfant ", " plus une once de chair "...
Malheureusement, ils ne purent en débattre d'avantage car une dizaine d'hommes les encerclèrent. Teyla et Ronon armèrent leurs P-90, près à tirer. Hélène en fit de même avec son Beretta mais ne put s'empêcher de casser le silence menaçant qui s'était soudainement installé en faisant remarquer au Docteur Weir :
- Quel est le mot que vous ne saisissez pas dans " aucun danger la planète est déserte " ?
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- Quel est le mot que vous ne saisissez pas dans " aucun danger la planète est déserte ! " ?
Le Docteur Weir ne répondit pas au ton moqueur de sa collègue qui pourtant, malgré ses nombreux défauts, avait cette fois-ci raison. Qu'est-ce qui avait faussé le MALP ? Etait-ce dû à un dysfonctionnement ? Quoi qu'il en soit, Elisabeth ordonnerait à Zelenka d'exécuter un diagnostic sur l'appareil, une fois qu'ils seraient revenus à Atlantis. S'ils revenaient, ce qui, pour le moment, semblait être compromis.
Tout le monde restait immobile, nerveux mais gardant le silence, prêt à parer toute attaque éventuelle de la part de l'un ou de l'autre.
Mais l'attaquant qui les surpris était de nature différente. En effet, le vent se leva soudainement, violent et sec, accompagné du sable brûlant qui constituait cette planète et assaillit l'équipe d'Atlantis de part et d'autre. Chacun se protégea du sable qui pénétrait malgré tout dans leur oreilles, leur nez, leurs yeux, leur bouche ainsi que dans leurs chaussures et sous leurs vêtements.
Teyla et Ronon étaient les seuls du groupe à ne pas trop en souffrir. La visibilité diminuait, les rafales redoublaient. Hélène sut dès cet instant qu'ils ne parviendraient jamais à vaincre leurs adversaires qui vivaient dans cet enfer depuis plus de quatre générations. Elle observa leurs ennmis avec admiration. Ils se mouvaient avec légèreté et semblaient voler dans le vent. Ils disparaissaient dans les trombes de sable qui s'élevaient brusquement du sol et réapparaissaient à une dizaine de mètres plus loin. Ils ne faisaient plus qu'un avec la tempête. L'archéologue s'écroula subitement à terre.
Elisabeth sentit elle aussi que la situation leur échappait. Elle plissa les yeux et distingua Ronon à travers les nuages de sable. Celui-ci s'était abaissé, perdant ainsi sa prise au vent. Il cherchait des cibles à abattre mais ne discernait que des ombres mouvantes. Un objet le heurta sur le derrière du crâne. Il tomba mais ne se releva pas. Weir chercha le médecin du regard. Celui-ci se débattait avec le vent lorsqu'il disparut soudainement dans un nuage de poussière plus épais.
Lorsque Teyla aperçut que Ronon n'était plus avec eux, elle n'hésita plus à décharger son P-90 sur tout ce qui bougeait, prête à défendre ce qui restait de son équipe quoi qu'il advienne. Un homme s'attaqua à la jeune guerrière. Elle para les diverses coups et lui envoya son pied au visage avec force. L'autre s'effondra sous la puissance du choc. Puis, l'Athosienne sortit un automatique et pointa le canon vers le Docteur Weir qui eut un geste de recul. Elle appuya sur la détente. La balle siffla près de l'oreille droite d'Elisabeth et se planta dans le torse d'un agresseur derrière elle. Il chuta et s'étala sur le sol, inerte, avant d'être recouvert par le sable pour disparaître dans l'oubli.
Elisabeth remercia Teyla d'un signe de tête. Elle regardait dans sa direction lorsqu'elle discerna une ombre derrière la combattante. Elle ne put la prévenir car, comme toute son équipe, on la frappa par derrière et elle tomba subitement dans l'inconscience.
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Lorsqu'elle rouvrit les paupières, ce fut pour constater qu'elle avait pieds et poings liés et qu'on l'avait attachée à un pilier de bois, de même que Teyla à sa droite, encore endormie, et qu' Hélène à sa gauche qui écoutait attentivement les conversations de leurs agresseurs. Leur tribu se constituaient d'une quinzaine de personnes, pour la plupart de jeunes adultes. Ils se réunissaient autour d'un vieillard qui pérorait dans une langue étrangère.
Hélène s'en détacha et remarqua le réveil de sa supérieure :
- Alors ? Bien dormi ?
- Pas vraiment... avoua Elisabeth.
Puis après quelques secondes de réflexion le Docteur demanda un peu agitée :
- Où sont Carson et Ronon ?
- Nous sommes juste derrière vous ! annonça le médecin.
Etant ficelée au pieu, Weir ne put se retourner pour les voir accroupis dans des cages mesurant à peine un mètre vingt de hauteur. Elle demanda à Gironde :
- Pourquoi ne nous ont-ils pas tués ? Que faisons-nous ici ?
- C'est assez compliqué ! commença l'historienne. D'après ce que j'ai compris à travers leurs légendes, il y aurait une centaine d'années, ils auraient tentés de tuer les " enfants des dieux ", je crois qu'on peut le traduire comme ça.
- Et... ?
- Et les dieux en ont été offensés. Ce jour-là il y a eu beaucoup de morts. Leur monarque les a abandonnés, il s'en est suivi la misère et la maladie. L'eau empoisonnée, les animaux devenant de plus en plus rares...
- Quel est le rapport avec nous ? l'interrogea Weir.
- D'après leurs dires, ces " enfants " seraient venus des étoiles.
- Tout comme nous, en conclut Teyla qui venait de reprendre connaissance.
- Exact ! approuva Gironde.
Puis à l'attention d'Elisabeth, elle précisa :
- Il ne veulent pas refaire deux fois la même erreur.
- Très bien, que comptent-ils faire alors ?
- Nous mettre à l'épreuve, répondit sombrement Hélène
- C'est-à-dire ? demanda Elisabeth qui n'aimait pas ce ton glacial.
Gironde hésita. Il semblerait que l'archéologue soit effrayée par ce qu'il les attendait. Le Docteur Weir l'incita à continuer.
- Ils vont nous laisser ici, sur ces poteaux de bois, durant quatre jours complets, sans boire ni manger. Si nous survivons, nous seront considérés comme des envoyés de leurs divinités... Si nous mourons, ils festoieront autour d'un banquet dont les principaux plats seront composés de notre chair.
Il y eut un lourd silence d'angoisse. Elisabeth, qui restait malgré tout optimiste, demanda au médecin :
- Carson ? Quelles sont nos chances de survies ?
- Il n'y en a aucune ! soupira le Docteur Beckett. Dès aujourd'hui nous seront en proie aux rayons meurtriers de ces deux soleils. Demain, nous souffrirons d'une sévère déshydratation. Le troisième jour pour nous, risque d'être le dernier. Et je ne vous parle pas des symptômes secondaires. L'insolation entraînera la fièvre et la fièvre nous fera délirer... à la fin, il est probable que nous en devenions cinglés.
- Donc, dans tous les cas, nous allons déguster, marmonna froidement Elisabeth.
Gironde pouffa de rire, surprise que sa supérieure soit capable d'établir un jeu de mots aussi noir :
- J'ignorais que vous aviez le sens de l'humour Docteur !
- Vous devez sans doute déteindre sur moi ! répliqua Weir.
Personne ne parla durant de longues minutes, puis Hélène qui commençait déjà à souffrir des soleils à peine levés, demanda au groupe d'une voix sarcastique :
- Personne n'aurait de la crème solaire, par hasard?
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On le poussa vers le vide.
McKay chuta en direction du bouillon. Le temps s'arrêta soudainement pour le scientifique. Il lui sembla un moment qu'il lévitait au-dessus de la marmite et il eut pleinement le temps de réfléchir. Non, il ne voulait pas finir en homard ! Il valait mieux que ça !
Alors dans un dernier espoir, il fit une rotation sur lui même et s'accrocha de justesse à la marche la plus haute de ce fameux escalier. Il tenta de se remonter, sans succès. L'entraînement et la force lui manquait. Il aurait peut-être dû ne pas simuler un gros rhume lorsque Sheppard lui avait proposé, il y a deux semaines, un stage de survie sur le Continent...
Bien qu'il ne puisse pas remonter, il s' agrippait pourtant de toutes ses forces à ce dernier espoir, par le biais de ses deux mains moites qui glissaient un peu sur le bois humide. Il ne tiendrait pas éternellement ainsi.
Son amour pour la vie avait suscité chez les habitants de cette planète pas mal de bavardages et d'injures envers le Canadien. Le guerrier à la lance, qui avait guetté tous les faits et gestes du scientifique, le regardait à présent avec dédain et mépris et rejoignait lentement l'astrophysicien, affichant un sourire diabolique.
Une fois à sa hauteur, l'individu posa son pied sur la main droite du Docteur et
l'écrasa progressivement, transposant tout le poids de son corps sur cet appui. Rodney vida l'air de ses poumons dans un hurlement long et perçant, espérant faire ainsi disparaître la souffrance qui parcourait son bras. Il semblait à McKay qu'on lui enfonçait un couteau sur le dos de sa main et que l'on tournait le côté tranchant de sorte à attiser la souffrance déjà insupportable.
Il entendit les os de ses doigts craquer. Sa main finirait broyée, il en était certain.
N'en pouvant plus, il retira vivement ce qu'il en restait et constata qu'il lui était impossible de remuer ne serait-ce que le petit doigt.
Il vivait l'enfer, suspendu dans le vide au-dessus du liquide en ébullition. La vapeur qui s'en dégageait et l'enveloppait le brûlait de toute part. Il cuisait déjà alors qu'il n'avait pas effleuré la surface du bouillon et il ne restait en vie que par l'intermédiaire de son second bras vers lequel son agresseur dirigeait son talon.
L'homme à la forte musculature posa une seconde fois le pied sur le dernier espoir de Rodney. Le scientifique ferma les yeux s'attendant à subir le double de ce qu'il avait déjà ressenti.
Il retentit à travers toute la jungle un coup de feu. Quelque chose de liquide perla sur le visage de McKay. Celui-ci releva la tête vers son bourreau et observa ses traits hispaniques avant de s'apercevoir qu'un trou s'était formé sur son front, dans l'alignement de son nez. Et ce qu'avait reçut le scientifique en pleine figure n'était autre que le sang qui s'écoulait à flot de la blessure. Le guerrier mort passa par-dessus l'astrophysicien et termina sa course dans un plongeon spectaculaire duquel se dégagea une odeur fétide qui infligea la nausée à McKay.
- Tenez le coup McKay ! J'arrive ! cria une voix dans le lointain.
Rodney se retourna et vit le Lieutenant Colonel dévaler une pente à sa rencontre. John Sheppard venait le chercher ? Tout seul contre cinquante ? Il venait récupérer l'abominable McKay avec qui il s'énervait sans cesse ? Son McKay ?
Rondey s'émut. Il sentit une douce chaleur envahir son cœur, versa une larme et renifla. Il s'empressa d'essuyer la perle d'eau chaude qui parcourait sa joue, à l'aide son T-Shirt.
Puis prenant conscience d'une autre fatalité, il marmonna d'un air mauvais :
- Il doivent avoir de sacrés problèmes à Atlantis pour revenir me chercher jusqu'ici !
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Sheppard dévala la pente en haut de laquelle il s'était dissimulé avant d'avoir pressé la détente. Vingt hommes enragés, armés de javelots, vinrent à sa rencontre en criant leur haine et le Colonel en distingua vingt autres qui préparaient consciencieusement leur arcs à distance.
La partie était loin d'être gagnée.
Il lança avec force deux flash-bang et deux grenades, ce qui eut pour conséquence d'en assommer six et d'en tuer quatre.
Lorsque qu'il fut à bout portant, il n'hésita pas et abattit cinq de ceux qui le menaçait encore avant de déposer au sol plusieurs fumigènes qui l'enveloppèrent d'une nuée blanche opaque, le rendant progressivement invisible.
Les archers enfin prêts, envoyèrent simultanément leurs projectiles aiguisés dans les airs. Un nuage de flèches s'abattit à l'endroit brumeux où errait Sheppard et quelques autres égarés. Le Lieutenant Colonel se plaça rapidement sous un des guerriers qu'il avait tué à l'aide de son P-90. John serra les dents et ferma les yeux espérant que cette maigre protection lui serait suffisante.
Quatre flèches transpercèrent son bouclier humain, une cinquième se planta dans la terre ocre, à une dizaine de centimètres de sa tête. Il poussa un soupir de soulagement mais savait pertinemment que rien n'était joué.
Lorsque l'assaut aérien se termina, Sheppard souleva négligemment le mort qui faisait son poids et se releva pour courir à nouveau vers cette ville dont les habitants apeurés s'agitaient en tous sens : qui était cet étranger pour attaquer seul leur cité ? Avaient-ils offensé leurs dieux en désirant se nourrir de l'autre individu ?
John détalait à en perdre haleine les derniers mètres qui le séparait de McKay lorsque deux poids reliés entre eux par un fil s'enroulèrent autour de ses jambes et le firent tomber violemment, face contre terre, sur son épaule défaite.
John cria suite au craquement sourd qui se fit entendre. Il resta immobilisé un moment, suscitant la curiosité de ses ennemis qui gardèrent leur distance. Le Colonel réfléchit à sa situation : il livrait bataille contre tout un peuple qui à présent semblait le craindre. Néanmoins, ce n'est pas en restant cloué au sol qu'il parviendrait à sortir l'astrophysicien de là. Et pourquoi voulait-il l'aider ? McKay n'avait jamais fait quoi que ce soit pour lui rendre service ! Faux ! McKay avait surpassé pas mal de ses angoisses rien qu'en restant aux côtés de John. Il était revenu le chercher lui-aussi, et à plusieurs reprises. Il l'avait soutenu pas mal de fois dans les pires moments qu'il ait vécus, comme sur Aphrodis... Oui, Sheppard lui devait beaucoup. Et si Rodney venait à mourir, qui donc allait-il bien pouvoir agacer sur Atlantis ? Non, il devait l'admettre, il tenait en très haute estime son compagnon et souffrirait beaucoup, certainement plus que les autres, s'il disparaissait dans le menu du jour de M4X 481.
Il se redressa, et constata surpris, que son épaule s'était remise d'elle-même durant l'impact. Animé d'une vive énergie, il sortit un couteau et commença à déchiqueter les liens qui l'empêchaient de se relever. Une ombre apparue derrière lui, gigantesque... Toutes les personnes présentes se reculèrent de cinq mètres en arrière. Sheppard aperçut la silhouette de l'individu se découper sur le sol.
- Attention un Wraith ! lui cria McKay à travers la place.
Sheppard se retourna. La créature le gifla et sous la puissance du coup, le Lieutenant Colonel pivota sur lui-même faisant à présent face à son ennemi. La population encercla les deux adversaires, dans un silence pesant.
Un duel venait de s'engager, et John savait pertinemment qu'il n'en sortirait pas vainqueur.