Informations :
Auteur : Rily
Postée le : 03/10/2006
Note : 7
Nombre de votes : 1
Voir les évalutations
Histoire :
SUITE et PREMIERE FIN :
A son grand soulagement, le bouclier n'était pas levé à son arrivée. Néanmoins, le spectacle qui l'attendait n'était pas des plus réconfortants... Il marcha sur quelques mètres, se stoppa devant l'horreur de cette triste vérité et tomba à genoux : la Cité d'Atlantis avait sombré...
Un jour, une semaine, tout une vie... Combien de temps serait-il prêt à offrir pour que tout redevienne comme avant ? Pour que la Cité reprenne vie de ses cendres ? Hein, combien ? Que pouvait-il faire pour réanimer ses habitants trépassés ? Quelle épreuve divine et impossible lui demandait-on d'accomplir là ? Devait-il éternellement rester dans cet endroit morbide, à les observer dans leur immobilité de terreur ? Devait-il partir et fuir ces lieux hantés ? Il ne savait plus, il ne pensait plus, accablé par le remords et la honte.
Il en avait réchappé... il en réchappait toujours, mais à quel prix ? Celui de la souffrance évidemment, et de la solitude. Il se laissa tomber à genoux, las de désespoir. Ses amis, ceux-là même qu'il considérait comme la famille qu'il n'avait jamais eue, étaient morts... tous morts... sans aucune exception. Et lui, le petit malin de service, n'avait rien tenté pour les sauver.
Ses vêtements étaient déchirés de part et d'autre. De longues et profondes entailles lacéraient son dos. Le charbon sec recouvrait son visage sale et ses ongles noirs. Ses mains brûlées tremblaient d'épuisement. Il se sentait fébrile et affamé. Affamé ? McKay aurait bien ri ! Comment pouvait-on être affamé dans un moment pareil ?
Il erra au-dessus des corps inerte de chacun, parcourant leurs visages pétrifiés d'effroi. Seul Rodney affichait une grimace ironique. Probable qu'il ait tout compris la seconde précédant sa mort, qu'il ait préféré rire au nez de son assassin plutôt que de se voir faible... Probable... Il avait suffisamment de caractère pour ça !
Lui en revanche, ne comprenait rien et cherchait une raison à ce drame. Qui avait osé commettre un tel crime ? Qui avait ôté la vie aux résidents de la Cité ? Qui possédait suffisamment de haine, de dégoût, d'ambition et de cruauté pour annihiler tout un peuple ? Quel était ce voleur qui lui avait enlevé tout espoir, toute raison de vivre ?
Il revenait de l'Enfer, il revenait pour eux ... Hélas, il arrivait trop tard ! Il n'y avait plus personne... Il s'était battu durant de longues semaines dans le noir pour s'entraîner à nouveau avec Teyla, pour écouter le silence plus que déroutant de Ronon, pour agacer McKay et l'entendre crier d'énervement, pour défier Elizabeth de son sourire ensorceleur. Mais il était bien trop tard pour revivre tout ça...
Le spectacle en lui-même se révélait bouleversant. Chacun des membres d'Atlantis avait été pétrifié, métamorphosé en statue de pierre, tels les habitants de Pompéi. La plupart demeuraient debout, dans une position d'équilibre, fuyant un ennemi redoutable. D'autres s'étendaient à terre... Sans doute avaient-ils trébuché lors de la panique générale ? Certains militaires tenaient encore leurs armes, elles-mêmes devenue roches. Le temps semblait s'être figé et l'atmosphère s'en alourdissait effroyablement. Tous paraissaient terrorisés. La peur se graverait sur leurs traits de marbre pour l'éternité. Leurs yeux fixaient le vide, ce néant dans lequel on les avait plongé, cette étreinte froide de la Mort qui avait volé leurs âmes et leurs vies...
Il cria de rage dans le silence omniprésent. Non ! Impossible ! Ils n'avaient pas le droit de partir comme ça ! De le délaisser à la solitude ! Il tapa du poing dans le sol impénétrable de la Cité. Il se sentait impuissant face à ce cauchemar d'immobilité et de pierre. Jamais de sa vie il n'avait éprouvé pareille tristesse... Jamais il ne s'était sentit aussi désemparé...
- N'est-ce pas déroutant ? ricana une voix nasillarde dans son dos.
John sursauta et se retourna lentement vers la seule survivante du fléau. Hélène s'approcha, d'une démarche royale et distinguée. Elle portait une longue robe de soie noire et affichait un sourire des plus perfides. A ses mains luisait un bracelet de type extraterrestre. Sheppard la regarda, ébahi tout d'abord, puis inquiet...
- Professeur Gironde ? articula-t-il surpris.
- Pas exactement, déclara-t-elle sur un ton enjoué.
Elle arriva à sa hauteur et le toisa avec mépris. Le Colonel se releva tout en restant sur ses gardes, le blaster de Vega soigneusement dissimulé dans son dos. Il la contempla un instant sans rien dire. Ses traits de jeune femme autrefois fougueuse et séduisante laissaient place à une hypocrisie amère et à un narcissisme inébranlable. Ses yeux pétillaient de férocité et de sauvagerie. Jamais il n'aurait reconnut Hélène sous cette expression narquoise et perverse.
- Qui êtes vous ? demanda-t-il finalement.
- Je suis la déesse Hécate ! annonça le goa-uld avec un sourire enjoliveur.
A ces mots, un éclair illumina l'intérieur de ses iris. John se recula d'effroi mais ne perdit pas son calme pour autant. Toutes les réponses lui parvinrent simultanément et inondèrent son esprit en un flot continu. Tout devint clair et limpide à ses yeux.
- C'est vous qui étiez l'employeur de Slike ? C'est vous avez payé pour me réduire en esclave sur une planète minière ! Pourquoi m'avoir écarté ainsi de la Cité et de mes compagnons ? Est-ce que je représente une si grande menace ?
- Je ne crains aucune menace ! rétorqua-t-elle froidement. Après tout je suis une déesse ! Néanmoins je ne voulais pas que vous soyez présent. Weir vous aurait sans aucun doute affecté à mon équipe pour retrouver l'arme de Méduse et je n'aurais pu agir comme je l'ai fait, avec autant de simplicité.
- Pourquoi ne pas m'avoir tué dans ce cas ? demanda-t-il avec une assurance déroutante.
- Je voulais vous faire souffrir. J'avais entendu parler de Charonis et je n'ai eu aucun mal à contacter un mercenaire. Et puisque Elizabeth supposait qu'il vous restait encore un espoir, elle a mobilisé l'ensemble du personnel militaire afin de vous retrouver ! J'ai ainsi pu assaillir la Citée sans trop de difficultés ! Elle est pathétique votre supérieure, n'est-ce pas ?
John ne répondit pas et se fit violence pour ne pas lui sauter à la gorge et la tuer à mains nues. Comment pouvait-on assassiner tout un peuple avec autant de cruauté et de perfidie ? Comment pouvait-on se permettre de critiquer le courage inégalable des habitants de la Cité ?
Il n'avait jamais réellement perdu espoir dans la mine et avait toujours espéré qu'une équipe d'exploration débarquerait pour le ramener à Atlantis. Ils avaient tout fait pour lui, maintenant il en était certain. Elizabeth n'aurait jamais permis qu'on l'abandonne. Hécate s'autorisait pourtant à la trouver " pathétique " ? Il aimerait tant l'étouffer et l'entendre gémir comme un porc, juste pour voir...
Enfin un peu de violence ! Tu y as mis le temps mon Colonel !
- Le plus ironique dans tout ça, c'est que je suis intervenue au moment même où le Dr Weir partait vous libérer de Charonis. D'ailleurs, j'ai encore un peu de mal à comprendre comment vous en avez réchappé ! s'écria-t-elle sarcastique.
- Avec un peu d'audace et de chance, tout simplement ! Pourquoi m'avoir laissé passé la Porte des Etoiles ? questionna-t-il avec froideur.
- Je voulais vous montrer le fruit de ma colère ! Je voulais voir cette expression de désespoir que si peu vous connaissent ! Je voulais faire tomber à genoux le grand John Sheppard ! Et j'ai réussi...
- Que comptez-vous faire de moi ? De la Citée ?
Elle eut un sourire méphistophélique et une expression tellement ténébreuse que Sheppard en frissonna. Elle se rapprocha dangereusement de lui, si bien qu'ils partagèrent un instant le même souffle. Elle lui chuchota, avide de désirs :
- J'installerais ma forteresse ici, à Atlantis, et régnerait sur l'ensemble de Pégase. Je réduirais des populations en esclavage, et aurais sous mes ordres quantité de Jaffas que j'aurais moi-même créés. Les Wraith ne sont guère qu'une piètre menace et je les vaincrais sans trop de mal... Cependant, je risque fort de m'ennuyer durant mon règne et une présence telle que la vôtre à mes côtés ne serait pas de refus. On s'amuserait bien tous les deux, non ?
Une occasion en or mon Colonel ! Nous gagnons sa confiance nous la tuons dans son sommeil et nous régnons sur la Galaxie de Pégase sans rendre de compte à personne !
Hécate lui sourit davantage, caressa la joue du militaire et montra d'un signe de tête son bracelet goa'uld.
- A vous de voir... Je fais de vous un homme prospère durant toute une éternité ou bien je vous tue dans la seconde !
Dis oui mon Colonel ! Nous n'avons plus rien à perdre maintenant, nous sommes libres ! Les autres sont morts !
- Puisque que vous me le proposez aussi gentiment, commença John avec un sourire hargneux, vous n'avez qu'à m'achever tout de suite !
Hécate s'empourpra et devint subitement coléreuse. Sheppard quant à lui restait calme et moqueur.
- Imbécile ! vociféra l'autre hystérique. Je vais te punir pour ton insolence !
- Trop aimable ! railla le Colonel.
- Tu iras la rejoindre, puisque tu le souhaites tant ! Vous ferez tous d'agréables objets de décoration !
Sur ce elle leva son bracelet, prête à lui infliger le châtiment suprême. John lui saisit le poignet et dévia la charge énergétique sensée le métamorphoser en pierre. Elle cria, enragée, et se défendit avec une force dépassant l'entendement. Le Colonel ne put la maintenir indéfiniment sous son emprise et elle parvint à se reculer suffisamment pour lui inculquer une seconde attaque. Il sortit son blaster et tira, sans succès : le bouclier individuel la protégeait de toute menace extérieure. Elle envoya une seconde vague d'énergie. John plongea sur le côté et évita de justesse l'attaque dévastatrice. Il se précipita derrière elle, passa un bras autour de sa gorge et l'étouffa petit à petit. Comme elle s'apprêtait à le foudroyer une troisième fois, il dégaina son arme, planta le canon dans la chair et lui tira dans la nuque, tuant ainsi le symbiote et l'hôte d'un seul coup.
Ses yeux s'illuminèrent une dernière fois et elle s'effondra à terre. Le Professeur Hélène Gironde, archéologue et linguiste de renom, d'origine française et dont le caractère exécrable rivalisait avec McKay fut décédée en ce jour terne et sans vie...
John se pencha sur elle et regretta amèrement son geste. Elle n'était pas responsable de ses actes et pourtant, il l'avait abattue pour des fautes qu'elle n'avait pas commises. Lui-même avait vécu l'expérience d'être possédé et savait pertinemment qu'il n'était jamais simple de lutter contre l'entité...
Sheppard soupira et regarda autour de lui. Chaque être de pierre le scrutait avec une étrange expression de vide et d'angoisse. McKay semblait moins ironique sous la clair pâleur de l'aurore. Teyla, quant à elle, apparut plus gracieuse encore dans sa position de combattante. Il l'admira un long moment en silence de même que Ronon puis partit examiner chacun des membres décimés...
Après une longue heure de marche solitaire, à dénombrer le personnel pétrifié, John revint en salle d'embarquement. Il s'approcha de la statue de Weir et la contempla longuement sans comprendre pourquoi il se sentait si triste et si impuissant. Pourquoi s'était-elle agenouillée devant la Porte des Etoiles ? Qui attendait-elle ainsi, prisonnière d'une pierre froide et sans vie ? Immortelle pour l'Eternité dans le roc dur et impénétrable ? Quelle avait donc été sa dernière pensée face à l'adversité ? Avait-elle souffert durant le processus de transformation ? Impossible de le savoir exactement. Les lèvres légèrement entrouvertes, le regard perdu, elle semblait attendre une réponse, un espoir qui ne viendrait jamais... Pourquoi semblait-elle si mélancolique ? John baissa la tête, la gorge nouée, le corps vacillant sous le chagrin.
Elle le fixait, silencieuse et tellement énigmatique. Ses yeux laiteux et gris, tout d'abord inexpressifs, s'humidifièrent lentement et deux larmes distinctes s'écoulèrent sur ses joues de marbre. Elles tracèrent leur chemin, sans bruit, muettes comme le reste de sa personne. Larmes de détresse, larmes de souffrance... John releva le regard dans sa direction et resta ahuri. Elle pleurait ? Elizabeth Weir pleurait ? Etait-elle donc encore en vie derrière cette statue inerte ?
- Impossible, souffla-t-il le cœur serré.
Il essuya les larmes chaudes d'une main tremblante et laissa ses doigts errer sur son délicat visage de pierre. Ce pourrait-il qu'il existe encore un espoir ? Les avaient-ils condamnés en massacrant Hécate ? Il observa tour à tour Teyla, Ronon, McKay et les autres. Jamais il ne pourrait se pardonner de les avoir sacrifiés pour soulager une vengeance personnelle... Il resta seul, assis au milieu de ses compagnons de pierre et se laissa languir de chagrin, accablé par le remords et la honte...
FIN
___________________
LA SUITE et SECONDE FIN :
- Vous êtes sûre que ça va marcher ? s'inquiéta Sheppard.
- Eh bien... d'après les recherches que j'ai effectuées, l'arme d'Hécate émet des vagues d'énergie discontinues de particules sub-atomiques qui figent les atomes de la matière. Si j'inverse l'algorithme, le flux concentré devrait en théorie ranimer les atomes et remodeler les molécules selon leur état originel ! expliqua posément le Colonel Carter.
John hocha lentement la tête, sans trop comprendre. Caldwell l'imita, lui aussi perdu. Sheppard lui jeta un bref coup d'œil et tous deux échangèrent un regard complice avant de hausser les épaules. Sam ne manqua pas de le noter et clarifia en termes simples :
- J'ai modifié le bracelet goa'uld pour inverser les effets de la métamorphose.
- Mais j'avais parfaitement compris ! plaisanta John.
Carter lui sourit timidement puis vérifia ses derniers branchements. Les cristaux du bracelet rayonnaient d'un bleu violacé. Les deux Colonels fixaient l'astrophysicienne dans un silence admiratif, confiants et presque aveugles dans ses compétences... Après tout, ne disait-on pas qu'elle valait McKay ? Même si ce dernier prétendait farouchement le contraire... Quoi qu'il en soit, les deux scientifiques avaient le don de noyer leur entourage dans des théories sans queue ni tête !
John bouillait sur place, impatient de retrouver son équipe, sa supérieure et les autres membres de la base. Il attendait avec une certaine angoisse que la Cité reprenne vie de ses cendres. Sam sembla lire en lui et déclara avec embarra :
- J'en ai encore pour quelques minutes...
- Ca va aller, Colonel. Voilà une semaine que le Dédale est arrivé et que vous travaillez d'arrache pied pour les faire revenir. Je peux bien attendre encore quelques minutes !
Une chance d'ailleurs qu'elle ait embarqué à bord du Dédale ! Caldwell et son équipage avaient surgi sur Atlantis deux jours seulement après le retour de Sheppard. Ils avaient retrouvé le militaire, affamé et inconscient sur les marches de l'escalier lumineux, en salle d'embarquement. On l'avait soigné et l'on avait surpris des traces d'enzyme présentes dans son sang. Peut-être était-ce là l'origine de cette voix nasillarde qui avait hanté son esprit quelques temps ? Probable, mais pas prouvé... Après s'être occupé du dernier survivant de la base, on s'était attentivement penché sur les membres paralysés de la Cité.
John demeurait convaincu que personne n'avait péri, si ce n'est le Professeur Hélène Gironde. Les larmes d'Elizabeth en témoignaient, non ? Aucune certitude... Juste des hypothèses sans fondement ! Pourtant son cœur lui soufflait secrètement qu'il restait un espoir, infime certes. Ce cœur même qui battait la chamade dans l'attente d'une réponse...
- J'ai fini ! annonça Carter.
Elle se releva de son ordinateur, le bracelet en main et s'approcha des deux hommes.
- Et maintenant ? demanda John.
- Eh bien nous avons besoin d'un volontaire ayant déjà servi d'hôte et qui serait apte à utiliser la technologie goa'uld, expliqua-t-elle.
- D'après les rapports que j'ai parcourus, vous faîtes partie des rares personnes à avoir vécu cette expérience ! nota Sheppard.
- A dire vrai, ce n'est pas à moi que je pensais ! déclara-t-elle sans lâcher Steven du regard.
Caldwell se raidit sous les yeux perçants de l'astrophysicienne et comprit soudainement où elle voulait en venir :
- Moi ? Mais je n'ai jamais utilisé de technologies goa'uld !
- Je vous assure que c'est très simple...
- Vous en revanche, vous avez déjà manipulé ce genre d'appareil ! Vous serez certainement plus à l'aise ! se défendit le militaire.
Carter soupira et secoua lourdement la tête avant d'enchaîner :
- Voilà huit ans que j'ai servie d'hôte à un Tok'ra ! Ca date, croyez-moi ! Qui plus est, cela n'a duré qu'une journée. Alors que vous Colonel, vous avez récemment été sous l'emprise d'un goa'uld et sur une période nettement plus longue. Vous représentez notre meilleure chance de réussite !
Le Commandant du Dédale hésita et regarda le bracelet luisant sans rien commenter. Il n'aimait guère se souvenir du temps où le symbiote l'avait choisi pour hôte. Il frissonnait toujours à l'idée qu'il n'avait rien pu faire pour l'empêcher de pirater la Cité. Se servir de leur technologie ne ferait qu'envenimer ses remords et sa honte.
- Je vous en prie mon Colonel, implora John.
Caldwell hocha lentement la tête, les bras croisés, le regard sombre et impénétrable. Finalement il annonça :
- Bon très bien je vais le faire !
- Sage décision, approuva Carter.
- Merci, chuchota John dans un souffle inaudible.
Steven s'empara du bracelet, le plaça délicatement autour de son bras et de ses doigts puis demanda :
- Par qui je commence ?
Personne ne répondit, embarrassé à l'idée de choisir... Il observa un instant Sheppard et s'aperçut sans grand étonnement qu'il fixait Elizabeth du coin de l'œil. Samantha, quant à elle, eut un vague sourcillement en direction de McKay. La tension monta quelque peu dans ce silence de gêne. Caldwell haussa les épaules et s'approcha du Docteur Weir. Il tendit le bras, ferma les yeux et se concentra. Il sentit le naquadah brûler dans ses artères mais n'en laissa rien paraître. Il condensa ses pensées sur l'unique but d'enclencher l'appareil.
John s'arrêta de respirer et serra les dents si fort qu'il ranima un mal intense à ses molaires. Le bracelet émit une onde centralisée sur la silhouette de Weir. Il n'y eut d'abord aucun effet visible. Elizabeth demeurait toujours de pierre, droite et immobile. Puis, dans un halo lumineux et bleuté, la roche s'effrita, devint granuleuse. La coquille dont elle était prisonnière se fissura quelque peu. De petits débris rocheux s'écrasèrent au sol tandis que le reste vola en poussière... Poussière grise et sablonneuse qui voltigea dans les airs avant de disparaître magiquement. Les couleurs reparurent au travers de cette ébauche de gris et le Docteur Weir laissa s'échapper une faible plainte avant de s'effondrer à terre, inconsciente.
Le Colonel Sheppard s'approcha immédiatement d'Elizabeth et s'assura de son pouls ainsi que de sa respiration. Le teint livide, le front couvert de sueur, elle grelottait de part et d'autre. John retira sa veste et la posa avec délicatesse sur son corps frissonnant. Il se pencha sur elle, lui tapota doucement les joues et attendit patiemment qu'elle reprenne connaissance.
Après deux interminables minutes, Weir revint à elle. Elle gémit, fronça les sourcils puis battit des paupières. Elle erra un instant dans le vide et croisa finalement le tendre regard de John. Elizabeth resta un long moment immobile, hypnotisée par le vert pétillant de ses yeux espiègles et affectifs. Elle soupira, soulagée qu'il soit affranchi de l'esclavage et de la souffrance... Et il affichait une expression tout aussi passionnée, heureux de voir son visage de pierre se mouvoir à nouveau pour lui faire apparaître un sourire timide et chaleureux. Ils se contemplèrent un long instant, muets par l'émotion, incapables de prononcer le moindre son tant ils craignaient de briser le charme de cet instant doux et paisible...
Caldwell et Carter arrivèrent au niveau de McKay et exécutèrent la même manœuvre. Rodney tomba à terre dans un grognement rageur. Steven s'écarta et libéra ainsi les membres de la Cité. Sam s'approcha de l'astrophysicien et tenta tant bien que mal de le réveiller.
- Quoi encore ? Vous ne pouvez pas vous passer de moi ne serait-ce qu'une nuit ? ragea le scientifique sans ouvrir les yeux. C'est pas vrai ! Une bande d'incompétents ! Tous plus demeurés les uns que les autres !
- McKay réveillez-vous ! insista Carter.
A l'écoute de sa voix, Rodney se figea, telle la statue qu'il avait été durant de longues semaines... L'épisode d'Hécate lui revint en mémoire et il comprit soudainement qu'il n'avait pas survécu à son attaque. Inquiet, il ouvrit les yeux se plongea dans le visage si angélique de l'astrophysicienne. Ils se sourirent mutuellement puis il demanda, perdu par cette présence si irréelle :
- Est-ce que je suis au paradis ?
- Bienvenu à Atlantis, murmura Sam tout en serrant amicalement sa main...
FIN