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Auteur : Rily
Postée le : 03/10/2006
Note : 8.5
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Histoire :
en voilà une autre ! J'essaie de changer de décors et d'histoire, en tout cas j'espère que celle-ci vous conviendra !
Bonne lecture !
TITRE : Eternité
AUTEUR : Rily
Un jour, une semaine, tout une vie... Combien de temps serait-il prêt à offrir pour que tout redevienne comme avant ? Pour que la Cité reprenne vie de ses cendres ? Hein, combien ? Que pouvait-il faire pour réanimer ses habitants trépassés ? Quelle épreuve divine et impossible lui demandait-on d'accomplir là ? Devait-il éternellement rester dans cet endroit morbide, à les observer dans leur immobilité de terreur ? Devait-il partir et fuir ces lieux hantés ? Il ne savait plus, il ne pensait plus, accablé par le remords et la honte.
Il en avait réchappé... il en réchappait toujours, mais à quel prix ? Celui de la souffrance évidemment, et de la solitude. Il se laissa tomber à genoux, las de désespoir. Ses amis, ceux-là même qu'il considérait comme la famille qu'il n'avait jamais eue, étaient morts... tous morts... sans aucune exception. Et lui, le petit malin de service, n'avait rien tenté pour les sauver.
Ses vêtements étaient déchirés de part et d'autre. De longues et profondes entailles lacéraient son dos. Le charbon sec recouvrait son visage sale et ses ongles noirs. Ses mains brûlées tremblaient d'épuisement. Il se sentait fébrile et affamé. Affamé ? McKay aurait bien ri ! Comment pouvait-on être affamé dans un moment pareil ?
Il erra au-dessus des corps inertes de chacun, parcourant leurs visages pétrifiés d'effroi. Seul Rodney affichait une grimace ironique. Probable qu'il ait tout compris la seconde précédant sa mort, qu'il ait préféré rire au nez de son assassin plutôt que de se voir faible... Probable... Il avait suffisamment de caractère pour ça !
Lui en revanche, ne comprenait rien et cherchait une raison à ce drame. Qui avait osé commettre un tel crime ? Qui avait ôté la vie aux résidents de la Cité ? Qui possédait suffisamment de haine, de dégoût, d'ambition et de cruauté pour annihiler tout un peuple ? Quel était ce voleur qui lui avait enlevé tout espoir, toute raison de vivre ?
Il revenait de l'Enfer, il revenait pour eux ... Hélas, il arrivait trop tard ! Il n'y avait plus personne... Il s'était battu durant de longues semaines dans le noir pour s'entraîner à nouveau avec Teyla, pour écouter le silence plus que déroutant de Ronon, pour agacer McKay et l'entendre crier d'énervement, pour défier Elizabeth de son sourire ensorceleur. Mais il était bien trop tard pour revivre tout ça...
Le spectacle en lui-même se révélait bouleversant. Chacun des membres d'Atlantis avait été pétrifié, métamorphosé en statue de pierre, tels les habitants de Pompéi. La plupart demeuraient debout, dans une position d'équilibre, fuyant un ennemi redoutable. D'autres s'étendaient à terre... Sans doute avaient-ils trébuché lors de la panique générale ? Certains militaires tenaient encore leurs armes, elles-mêmes devenue roches. Le temps semblait s'être figé et l'atmosphère s'en alourdissait effroyablement. Tous paraissaient terrorisés. La peur se graverait sur leurs traits de marbre pour l'éternité. Leurs yeux fixaient le vide, ce néant dans lequel on les avait plongé, cette étreinte froide de la Mort qui avait volé leurs âmes et leurs vies...
Il cria de rage dans le silence omniprésent. Non ! Impossible ! Ils n'avaient pas le droit de partir comme ça ! De le délaisser à la solitude ! Il tapa du poing dans le sol impénétrable de la Cité. Il se sentait impuissant face à ce cauchemar d'immobilité et de pierre. Jamais de sa vie il n'avait éprouvé pareille tristesse... Jamais il ne s'était sentit aussi désemparé...
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Quelques semaines auparavant...
- Cessez de vous plaindre McKay, on est presque arrivé ! râla Sheppard exaspéré.
- Vous m'avez déjà dit ça il y a une demi-heure !
- Un quart d'heure ! rectifia le Colonel.
- Peu importe ! C'est beaucoup trop ! J'ai des ampoules de la taille du pouce et je serais incapable de marcher durant les trois prochains jours ! s'emporta le scientifique.
- Vous n'avez pas besoin de vos pieds pour travailler sur un ordinateur ! railla John.
- Peut-être, mais j'ai besoin d'être concentré et il m'est impossible d'être concentré si je suis obligé de me masser les orteils pour faire passer la douleur !!!
- Vous dramatisez, Docteur ! ajouta Teyla.
- Quoi ? Je suis vraiment le seul ici à me plaindre des planètes que nous foulons ? C'est pathétique enfin ! Quand ce n'est ni un désert aride, ni un glacier frigorifique, c'est une forêt boueuse et immense. Non mais regardez autour de vous enfin ! On se croirait au Canada ! Sapins, bouleaux, érables et encore sapins, bouleaux, érables !
- De quoi vous plaigniez-vous alors ? Vous devriez vous y sentir chez vous !
- Pathétique ! répéta Rodney hors de lui.
John soupira bruyamment. Pourquoi McKay se lamentait-il dès l'instant où il franchissait la porte de son labo ? Certes, il geignait beaucoup moins qu'auparavant, mais tout de même ! Marcher en forêt ne lui faisait pourtant aucun mal, au contraire !... Les scientifiques semblaient bel et bien être tous les mêmes : doués au niveau de la théorie mais incapables en ce qui concerne la pratique !
Ronon s'approcha de Sheppard, un sourire en coin, et lui chuchota d'un air malveillant :
- Je peux l'emmener faire un stage de survie sur le Continent... Vous pouvez être sûr que lors de notre prochaine mission il ne dira plus un mot !
- L'idée est intéressante, admit John d'un air pensif, mais si deux kilomètres en forêt suffisent à l'amocher, une semaine avec vous en pleine nature irait jusqu'à le tuer ! Du moins lui coller des ampoules de la taille d'un ballon de foot ! Et puis Weir m'en tiendrait responsable alors...
- Alors vous préférez écoutez ses jérémiades à longueur de journée ! termina le Satedien.
- C'est ça, confirma l'autre.
Ils soupirèrent, tous deux désespérés. Rodney leur rendait la vie dure ! Dex s'imaginait parfois abandonner l'astrophysicien en pleine mission. Le perdre au milieu d'une clairière avec les bêtes sauvages de l'endroit et revenir le chercher trois jours plus tard. Ainsi il pourrait voir lequel avait mangé l'autre ! Mais comme le lui avait expliqué le Colonel, McKay était doué, très doué... Ils ne pouvaient se passer de lui, bien que chacun refusât de l'admettre, probablement pas peur de ranimer la fierté et l'arrogance de leur " monsieur-je-sais-tout " !
- En plus nous n'avons même pas l'équipement nécessaire !
- Je vous en prie Rodney ! On ne va tout de même pas emporter des combinaisons de protection à chaque fois que l'on franchit la Porte ! Qui plus est, vous les détestez !
- Certes, elles sont désagréables, étouffantes et démangent de partout mais au moins nous ne serions pas obligé de laver nos vêtements à chaque retour de mission ! Vous avez vu l'état de mon pantalon ? demanda-t-il en désignant l'épaisse couche de boue qui recouvrait le tissu.
- Ne serait-ce pas parce que vous êtes traîné au sol ? supposa Teyla contrarié elle aussi par son comportement excentrique.
- Je ne me traînais pas ! s'énerva-t-il brusquement. Je suis tombé cinq fois de suite ! C'est dangereux ici, et extrêmement glissant !
- McKay..., marmonna John.
- A ce train là, continua le scientifique, la lessive aura disparut avant le café !
- Ca suffit...
- Suis-je vraiment le seul à m'inquiéter de nos problèmes d'hygiène ? Et si on avait plus d'affaires propres, comment ferait-on, hein ? On se baladerait dans la Cité sans vêtements et...
- MCKAY !!!! reprit John un ton plus haut.
- Quoi ?
- La ferme ! répliqua-t-il sèchement.
Cette simple phrase lui fit l'effet d'une gifle. Rodney ne parla plus, le souffle coupé. Il resta béat un long moment. L'écho de ces deux mots brutaux se répercutait sur les parois de son cerveau si évolué et résonnait de façon stridente dans sa tête d'enfant capricieux. John se montrait rarement aussi impulsif. Il était de nature très patiente de même que très imprévisible. McKay baissa la tête, chagriné qu'il lui demande de se taire aussi agressivement. Après tout, quelqu'un devait animer la conversation, non ? Il imaginait mal Ronon dans ce rôle...
- On y est ! déclara John en apercevant la Porte. Teyla, composez l'adresse d'Atlantis s'il vous plaît, je ne voudrais pas que Rodney...
Il ne put achever sa phrase car il disparut subitement dans un éclair blanc de téléportation sous le regard hébété de l'équipe. Le Stargate ouvrit un vortex en direction de la Cité au même instant. Les trois compagnons se dévisagèrent, ahuris. Où donc était passé le Lieutenant Colonel Sheppard ?
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- Vous pouvez répéter ? demanda Elizabeth à l'autre bout de la radio.
- Disparu, évaporé, volatilisé, dissipé dans un rayon de téléportation ! Il faut encore que je le redise ? s'impatienta Rdoney choqué. Le Lieutenant Colonel a disparu !
Le Docteur Weir resta silencieuse un long moment. La nouvelle la déstabilisa violemment si bien qu'elle ne su comment réagir. John téléporté ? Mais où ? Par qui ? Souffrait-il ? Etait-il encore en vie ? Autant de questions qui se perdaient dans son esprit ainsi que dans son cœur. Elle baissa la tête, et ordonna neutralement :
- Rentrez à la base.
- Quoi ? s'esclaffa Teyla qui refusait d'abandonner les recherches. Et le Colonel ?
- Je ne peux pas risquez de perdre le reste de votre équipe, rappela sévèrement Weir, à moins que l'un d'entre vous ne sache exactement ce qui est arrivé à Sheppard. Rodney, vous avez une idée ?
L'astrophysicien réfléchit en silence puis haussa les épaules :
- Soit c'est une jolie petite farce de nos amis Asgards, soit quelqu'un s'est amusé à kidnapper le Colonel !
- Quel avantage en tirerait-il ? s'enquit Elizabeth.
- Tout est possible ! s'exclama McKay. Ils peuvent en réclamer une rançon, ou bien même le vendre !
- Le vendre ? s'étrangla Weir.
- Le gène ATA est plus présent chez lui que chez la plupart des gens que nous rencontrons. C'est un militaire entraîné, un excellent pilote... Le leader des forces armées d'Atlantis... Sa valeur marchande est extrêmement intéressante ! expliqua posément le scientifique.
- Vous plaisantez ?
- Il a raison, ajouta Ronon, lorsque les Wraith sont débordés, ils engagent des humains pour débusquer des proies rares...
- Oui, on les appelle chasseurs de prime ! railla Rodney.
- Teyla, connaissez-vous un peuple capable de vendre des hommes ? interrogea Elizabeth d'une voix troublée. Ou bien même de s'engager à la poursuite de quelqu'un pour le livrer à ses employeurs ?
Teyla ne répondit pas immédiatement à la question. Une ombre passa sur son visage, un lointain souvenir qui hantait sa mémoire. Elle secoua la tête, chassant cette pensée si déshonorante.
- Non Docteur, mentit-elle après réflexion.
- Bon très bien, revenez à la base !
Ronon Dex dévisagea longuement l'Athosienne sans commenter. Elle faisait toujours preuve d'une sincérité déroutante. Mais il n'était pas dupe. Il lisait facilement en elle, trop facilement... Peut-être parce qu'il ne se lassait jamais de la contempler ? Quoiqu'il en soit, Teyla ne leur révélait pas tout, si bien qu'elle mettait consciemment la vie de Sheppard en danger. Pourquoi ? Quel était ce secret ? Qui avait donc enlevé le Colonel ?
Le responsable possédait certainement un vaisseau... Il n'aurait jamais pu utiliser une telle technologie de téléportation dans le cas contraire. Dex serra les dents. Il n'aimait pas ce genre de chasseur. Il haïssait les Wraith, certes, mais eux avaient au moins l'audace d'affronter leurs ennemis face à face. L'homme où la créature qui maintenait actuellement Sheppard agissait comme un fantôme, préférant l'anonymat à la fierté et à l'honneur. Sa voix résonnait comme le sifflement du vent, son apparence se résumait à un éclair blanc et rien ni personne ne pouvait affirmer son identité, faute de détails manquants... Un fantôme, un esprit malin et espiègle dont Sheppard serait tourmenté jusqu'à sa mort. Un spectre qui ne cesserait de hanter la Cité. Une ombre qui obscurcirait le cœur de chacun au travers de la disparition si mystérieuse de leur Colonel. Ronon soupira, un grimace de dégoût se dessina sur ses traits durs : il détestait les fantômes...
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John se réveilla péniblement. Il jeta un bref regard autour de lui, désorienté. La mémoire lui fit défaut durant de longues minutes et une migraine intense paralysa peu à peu son cerveau. Finalement, il se souvint d'une planète recouverte de forêt puis d'un flash blanc, probablement un éclair de téléportation. Après, ce fut le néant et un froid intense.
Il constata surpris que d'épaisses chaînes en trinium liaient ses poignets et ses chevilles. Il observa les alentours, perdu. La pièce dans laquelle on l'enfermait se trouvait entièrement plongée dans la pénombre. Pas un seul rayon lumineux ne transperçait cette obscurité palpable.
- Bonjour Colonel Sheppard.
John sursauta au son de cette voix déformée. Elle résonna longuement dans la pièce. Il lui sembla un instant qu'elle appartenait à une Wraith femelle, gutturale et écorchée. Il se crispa lorsque des doigts froids effleurèrent sa nuque. Il se retourna mais la présence semblait déjà s'être évaporée. Il resta calme et reprit de l'assurance :
- Bonjour. Vous semblez bien me connaître...
- En effet, répondit froidement l'autre.
Sheppard se tourna dans sa direction sans pourtant la discerner dans le noir omniprésent. Il était aveugle dans ces ténèbres avides de terreur. Il frémit. A quel être vicieux avait-il donc affaire cette fois-ci ?
- Pourtant moi je ne vous connais pas... Quel est votre nom ? demanda-t-il d'un ton enjoué.
Elle le frôla sur la droite puis s'éloigna derrière lui. Il ne distinguait pas même ses pas ! Il la sentit sourire dans la pénombre. Peut-être était-ce réellement une Wraith ? Elle en avait le caractère et les manières.
- Appelez-moi l'Ombre, car je ne serais jamais rien de plus pour vous qu'un fantôme !
- Pourquoi pas Casper dans ce cas ? ricana Sheppard. Que comptez-vous me faire subir ?
- Moi ? s'esclaffa l'autre. Mais rien... rien du tout... Je serais bien mal avisée de vous faire endurer quoique ce soit ! Mon employeur ne me paierait certainement plus la somme convenue !
- Votre employeur ? répéta Sheppard surpris. Et que me réserve-t-il cet employeur ?
- Des vacances en Enfer ! railla l'Ombre d'une voix plus humaine et plus claire.
Elle rit faiblement dans le lointain de la pièce. Puis elle se rapprocha dangereusement et lui susurra tendrement à l'oreille, l'effleurant presque des lèvres :
- Mais je peux encore refuser la commande... C'est sur vous que repose ma décision après tout... Peut-être parviendrez-vous à me faire changer d'avis ?...
Le Colonel frissonna puis se recula de cette présence féminine et démoniaque. Elle passa délicatement une main dans ses cheveux. Il la stoppa dans son geste et lui saisit fermement le poignet. Il lui sourit, un sourire provocant et hargneux, puis il déclara d'un air moqueur :
- Je suis persuadé que vous êtes laide à faire peur ! Sinon pourquoi vous cacheriez-vous dans le noir, Miss l'Ombre ?
Elle le gifla violemment sous le coup d'une colère brusque et se défit miraculeusement de son emprise, tel un spectre qui se dissipa entre ses doigts. Il resta un instant hébété. Les femmes quelles qu'elles soient ne le frappaient que très rarement. McKay se plierait certainement en deux s'il apprenait la nouvelle ! Quant à Teyla et Elizabeth, elles y verraient toutes deux une vengeance personnelle et souriraient à l'idée que John subisse les foudres d'une femme sans visage...
- Habituez vous au noir et à vos chaînes Colonel..., menaça froidement l'Ombre. Là où je vous emmène, la lumière et la liberté n'existent pas...
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- Tiens donc ! Voilà bien longtemps que Sheppard ne nous avait pas fait un coup de ce genre ! ricana le Professeur Hélène Gironde.
- C'est tout l'effet que ça vous fait ? s'étonna Elizabeth les bras croisés.
- Disons pour faire simple que contrairement à vous, je n'éprouve pas une sympathie aveugle envers lui...
- Que suis-je sensée comprendre ? demanda Weir en plissant les yeux.
- Laissez tomber, ce n'est pas pour en débattre que je suis venue vous voir !
La jeune Française étala un parchemin jauni sous le nez de sa supérieure et commença son exposé :
- J'ai trouvé ce papier dans une bibliothèque sur Aphrodis...
- La planète où Sheppard a bien faillit être exécuté pour...
- Pour un crime qu'il n'avait pas commis, oui je sais ! s'irrita Hélène. Heureusement pour lui que vous étiez là..., ajouta-t-elle d'un rire mordant et ironique.
Weir haussa un sourcil et reporta son attention à l'artefact.
- C'est de l'Ancien...
- Comme vous êtes perspicace! railla Gironde. Maintenant laissez parlez les professionnels, ok ?
Elizabeth soupira devant les propos désobligeants mais s'abstint de tout autre commentaire. Hélène s'avérait être une scientifique des plus compétentes en matière d'archéologie et de traduction. Elle l'incita à poursuivre :
- Voilà, expliqua la linguiste, les Aphrodiens ont amassé d'immenses connaissances sur les Anciens et ceci... ceci est sans doute la plus grande découverte que nous n'ayons jamais faite !
- De quoi s'agit-il ? s'enquit Elizabeth.
- D'une arme, reprit l'autre enthousiaste. D'une arme infaillible créée par les Atlantes il y a de cela dix mille ans !
- Pourquoi les Aphrodiens n'ont-ils jamais de retrouvé cette arme ?
- Premièrement parce qu'ils ne sont pas doués !
- C'est malgré tout un des peuples des plus avancés que nous connaissons..., nota le Docteur. Les rivaux d'Atlantis d'après McKay.
- McKay extrapole sans arrêt ! s'énerva Hélène. Ces types ne savent ni lire ni parler l'Ancien. Ils ont basé toute leur science sur le futur et ne pensent jamais à étudier le passé. C'est une chance qu'il n'ait pas brûlé tous leurs livres et documents historiques ! Deuxièmement, la Lune sur laquelle se trouve l'arme n'est pas accessible par la Porte des Etoiles.
- La Lune ? répéta Elizabeth surprise.
- Oui, l'arme n'est pas sur Aphrodis mais sur une de leurs quatre Lunes. Troisièmement, ils en ont peur.
- Peur ?
- Oui, d'après certaines légendes, cette Lune serait maudite ! Gorgonna, c'est ainsi qu'ils l'appellent. Tous les vaisseaux qui ont tenté de s'approcher de cet astre ont disparu...
- Serait-ce l'arme en question qui les aurait anéantis ? supposa le Docteur.
- J'ignore encore de quel type d'arme il s'agit, avoua Hélène une pointe de déception dans la voix. Je demande à repartir là-bas avec un jumper et une équipe,... enfin si tous les membres de la base ne sont pas occupés à retrouver le Colonel Sheppard, ajouta-t-elle sarcastique.
- Le Major Lorne vous accompagnera de même que le Docteur McKay, confirma Weir toujours pensive.
- McKay ? s'étrangla l'autre.
- Cela vous pose-t-il un problème ?
- Un peu oui ! s'emporta Gironde. Cet empoté va encore me retarder dans mon travail et je n'ai absolument pas la patience requise pour supporter son caractère exécrable !
- Dans ce cas vous serez deux ! conclut l'autre avec un sourire vengeur.
- Mais...
- Pas d'objection ! Et tant que j'y pense, tâchez de ne pas mettre à l'épreuve cette malédiction ! J'ai déjà perdu un membre important, je ne voudrais pas agrandir la liste ! avertit-elle sombrement.
- Gorgonna était la Cité de leur Déesse du mal, Méduse, dont l'emblème était le serpent. C'est normal que cette Lune les titille un peu et qu'à partir de là toute une série de superstition se créent ! se justifia Hélène, excitée par cette découverte.
- Vous m'avez comprise ? insista le Docteur Weir.
- Je crois même que je vous comprends trop bien, Docteur ! ricana Gironde. C'est sans doute là qu'est le problème !
Sur ce, le Professeur ramassa le parchemin et sortit du bureau d'un pas nerveux. Pourquoi lui avait-elle collé Rodney dans les pattes, hein ? Pour garder une œil sur elle ? Quoiqu'il en soit elle devait se montrer prudente, le projet dans lequel elle se lançait était loin d'être sans risque.
Dans le bureau de Weir, pas un bruit ne tranchait le silence pesant. Elle restait là, immobile, appuyée dos contre un mur, et regardait ses chaussures d'un air morne et sans joie. Disparu, une fois encore. Perdu entre les griffes de l'ennemi, endurant la plus atroce des souffrances, la plus terrible des tortures... Elle le haïssait et le méprisait. Pourquoi lui faisait-il éprouver toute cette inquiétude, tout ce stress et cette peur profonde ? Elle se remémora toutes les missions périlleuses de Sheppard et son expression s'assombrit davantage devant tous les dangers qu'il avait inconsciemment encourus. Notamment la toute première fois où il partait sauver le Colonel Sumner et le reste des Athosiens, alors qu'ils avaient à peine posé le pied sur Atlantis... Il était parti avec un idéal, une justification contre laquelle elle n'avait pu s'opposer :
- Nous n'abandonnons jamais les nôtres, répéta-t-elle à voix basse.
Elle suivrait cet idéal, cette loi dictée par le cœur d'un soldat aujourd'hui prisonnier. John, lui, ne les avait jamais abandonné, quelle que soit sa situation. Il était aujourd'hui de leur devoir de ne pas l'oublier...
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- Quel est ton nom ? demanda le Gardien d'une voix rauque.
John garda le silence et se tint droit. L'autre colosse l'analysa un moment, évalua ses capacités physique puis hocha la tête d'un air satisfait. Le Gardien atteignait probablement les deux mètres dix, avait le crâne rasé et les mains disproportionnées. Il frappa le prisonnier dans les côtes afin d'en obtenir une réponse. John vacilla sous la puissance du choc et tomba à genoux, le souffle coupé. Finalement, comme il lui parut impossible de s'échapper de cette situation, il se résigna à lui avouer :
- John Sheppard. Lieutenant Colonel John Sheppard.
- Dans ce cas écoute moi bien, Sheppard. Ici, tu n'es personne, tu ne représentes rien et tu ne fais pas les lois. Ne me cause pas de problèmes sinon tu le regretteras... Pigé ?
John acquiesça d'un hochement de tête et plissa les yeux afin de mieux distinguer le visage de son interlocuteur. L'Ombre n'avait pas eu tort dans ses dires. La nuit semblait omniprésente sur cette planète et pas une seule étoile n'éclairait cet Univers d'obscurité. Le Gardien sortit un fer incandescent d'une forge, seule lueur discernable dans le noir. Sheppard s'agita et tenta de se reculer. Que comptaient-ils lui faire avec ce métal en fusion ? Le Gardien déchira le T-Shirt du Colonel et approcha le fer de son épaule droite.
John paniqua soudainement face à cette vision du feu et se débattit, mais deux autres hommes le maintinrent fermement par les épaules. Ils les frappa de toutes ses forces, chercha en vain à s'échapper mais fut malheureusement impuissant. Le fer entra en contact avec la chair et s'y enfonça profondément dans un grésillement distinct pervers. Sheppard cria et serra les dents afin de couvrir la douleur cuisante qui lacéra son épaule. Il lui sembla un instant que sa peau avait fondue, s'était évaporé sous la température excessive. Il souffrait et se mordit la lèvre inférieure afin de faire passer ce supplice lancinant. Un parfum de chair brûlée s'éleva soudainement de sa blessure. Le Gardien sourit, appuya encore sur le fer, histoire d'écouter un peu plus longuement les douces lamentations de ce Colonel si fier, puis il cessa le tourment et jeta le tison au loin, à regret. John gémit. La marque calcinée lacérait sa peau au moindre mouvement. Il se retourna et distingua derrière son épaule un chiffre dans la numérotation des Anciens.
- Tu n'es plus John Sheppard à présent, nota l'autre d'un rire sardonique. A présent tu n'es rien d'autre que le mineur 4599. Pigé ?
- Le mineur ? répéta le Colonel surpris.
- Emmenez-le ! aboya le Gardien à ses subordonnés. Secteur 780, niveau sept.
Ses sbires, deux hommes fluets au regard vide, s'exécutèrent sans broncher et entraînèrent le militaire à leur suite.
Le Gardien, Ouranos, se retourna vers une masse d'ombre et déclara à la présence invisible :
- Combien en voulez-vous?
- Mon employeur m'avait promis une somme respectable que vous étiez sensé me remettre. Il a précisé que cet homme ne devrait sous aucun prétexte s'échapper de la mine. J'ai fait ma part du contrat, je l'ai amené ici. Maintenant donnez-moi l'argent qui m'était destiné.
Ouranos apparut machiavélique, les flammes de la forge pétillants dans ses yeux démoniaque.
- Ne m'en voulez pas si je garde cet argent pour moi... Votre employeur m'a promis le double de la somme convenue si je vous retenais prisonnière vous aussi.
Trois hommes s'approchèrent de l'Ombre et la saisirent tant bien que mal par la gorge et les bras.
- Quoi ? s'exclama l'autre affolée.
- Désolé ma belle, conclut le Gardien, mais tu t'es fait doublée !
La vaste mine s'étendait sur des dizaines de kilomètres et s'ancrait dans les entrailles de cette planète, formant de profondes abysses qui déchiraient cette étendue grise et terreuse. Des milliers d'êtres gesticulaient dans cette obscurité enveloppante, dans ce lieu de labeur et de gémissement. John fut emmené au niveau sept, l'un des secteurs les plus profonds et les plus dangereux, où les parois s'effondrent au moindre soupir d'épuisement. Le tunnel était petit et trop étroit. Sheppard ne s'y tenait pas debout et dû s'accroupir. On lui fournit une pioche puis on le jeta violemment contre une paroi avant de lui ordonner d'une voix sans scrupule :
- Creuse !
Les sbires d'Ouranos s'éclipsèrent, le délaissant seul face à l'immensité étouffante de cette roche dans laquelle on l'avait enterré. Il regarda autour de lui. Des hommes et des femmes travaillaient, érodaient la pierre de leur outils rouillés, évacuaient les débris pour n'en conserver que l'élément clé. Tous semblaient résignés à cette vie, esclaves de la misère et du malheur.
- Tu ferais mieux d'obéir, lui signala une faible voix à ses côtés.
John se retourna et fit face à son interlocuteur. Il s'agissait en réalité d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, chétif et fébrile, recouvert de poussière, mais qui s'animait d'une énergie surprenante pour creuser la terre.
- Si tu n'obéis pas, ils te tortureront jusqu'à ce que tu travailles..., précisa-t-il sombrement.
- Je n'ai pas l'attention de me laisser faire !
- Eux non plus. Tu ne leur résisteras pas éternellement, tu n'es qu'un homme. Eux, ce sont les Gardiens !
- Ca ne me fait pas peur ! rétorqua Sheppard résigné.
- Dans ce cas ils te tueront... Toi et tous les membres de ce secteur. Pour l'exemple. Maintenant travaille..., l'implora-t-il de ses yeux brillants.
John passa en revue les visages terrifiés de chacun. Sa résistance les mettait en danger. Personne ici ne voulait mourir, du moins pas entre les mains des Gardiens. Chacun portait sur l'épaule droite la marque du fer. John effleura sa cicatrice encore douloureuse et l'observa d'un air songeur. Il était des leurs à présent, même si son cœur résidait encore à Atlantis. Ses mains, son être et sa force se tenaient dans cet étroit passage, à deux kilomètre sous la surface. Il ne pouvait rien y faire, du moins pas encore. Il devait observer, analyser, comprendre avant d'agir. Résigné, il prit sa pioche et commença à creuser, impuissant face au revers du Destin qui l'envoyait dans les entrailles d'une planète pour tailler la roche. Il ne pouvait se révolter tout seul et prendre ainsi le risque de tuer les innocents qui sillonnaient dans son passage. Comme l'avait si intelligemment remarqué le Gardien Ouranos : en ces lieux il ne représentait plus le Lieutenant Colonel John Sheppard. Il était juste le mineur 4599...
- Bienvenu sur Charonis ! lui signala le jeune à ses côtés.
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- Nous sommes bientôt en orbite, signala le pilote.
- Très bien Lieutenant Higgins , complimenta Hélène. Maintenez la vitesse et dirigez le jumper vers la face caché de Gorgonna.
- A vos ordres Madame !
- Vous êtes immorale ! commenta faiblement Rodney, la tête enfouie dans un écran d'ordinateur. Complètement immorale !
- Vraiment ? s'indigna Gironde.
- Oui... Nous perdons l'un des membres les plus importants d'Atlantis et vous ne pensez qu'à vos ruines délabrées !
- Je ne considère pas Sheppard comme l'un des membres les plus importants et je pense que la découverte d'une arme aussi puissante mérite de passer en priorité ! rétorqua-t-elle impassible. Vous devriez le comprendre !
- Oh mais bien sûr que je le comprends ! ironisa McKay. Vous préférez protéger vos arrières plutôt que de vous risquez à sauver les autres !
- Et c'est vous qui dîtes ça ? s'esclaffa l'autre. Le fameux scientifique qui a lui-même peur de son ombre ?
- Vous semblez croire que vous valez mieux que moi ! En attendant, ce n'est pas vous qui comprendriez le fonctionnement de l'arme ! lança-t-il en levant fièrement le menton.
- Pour vous, déduisit Hélène, l'archéologie ne représente pas vraiment une science, n'est-ce pas ?
Rodney pouffa :
- L'archéologie est tout juste bonne à raconter des histoires grotesque à partir de vulgaires cailloux !
- Tiens donc ? ricana Gironde. J'admets que la découverte d'une Cité perdue dans les fonds océaniques d'une planète située dans une autre galaxie peut paraître grotesque ! Mais c'est tout de même un archéologue qui l'a dépistée !
- Non, répliqua l'astrophysicien.
- Quoi ? Vous déniez que Daniel Jackson est archéologue ? demanda l'autre sarcastique.
- Il était Ascensionné lorsqu'il a découvert pour la première fois la tablette parlant d'Atlantis ! C'est toujours plus simple d'avoir réponse à tout lorsque l'on a acquis le savoir de l'Univers !
- Seriez-vous par hasard jaloux ? se moqua la jeune femme.
- Oh oui ! Affreusement jaloux ! railla l'autre. Mais je serais de toute manière toujours plus calé que vous en sciences ! Ca me procure un certain réconfort ! admit-il avec un sourire narquois.
- Egocentrique ! lâcha-t-elle coléreuse.
- Je vous en remercie !
- Nous survolons une cité ! signala Higgins.
Hélène Gironde se rapprocha de la vitre et analysa un long instant les divers bâtiments. Un éclair de malice illumina son visage et elle sourit, enthousiasmée par sa découverte.
- Comptez-vous admirer vos ruines ridicules éternellement, Professeur ? ronchonna McKay.
- Le type d'architecture rappelle le style hellénistique ! Ce qui concorderait avec la légende de Méduse du temps des grecs !
- Mais bien sûr...
Cette goutte de sarcasme si subtile fit déborder le vase. Hélène s'empourpra soudainement, hors d'elle. Elle se retourna vers l'astrophysicien puis vociféra d'une voix vibrante de colère :
- Ecoutez McKay ! Je ne voulais pas travailler avec vous et apparemment c'est réciproque ! Donc si ça vous pose un problème d'être ici, je vous conseille très amicalement de la boucler sinon je vous enfermerais dans le sas arrière tout en veillant à ce que vous y étouffez progressivement !
Rodney paniqua quelque peu devant cette femme qu'il ne reconnaissait plus. Certes Gironde était parfois impulsive et bien souvent agressive mais jamais elle ne lançait de menace qu'elle pouvait tenir. Or, causer la mort d'un homme tel que lui ne lui donnait aucun frisson. Il obéit et hocha la tête :
- Bien.
- Parfait ! s'exclama l'autre cynique.
Une violente secousse les émergea de leur dispute. Hélène heurta la paroi interne du vaisseau. Une trace de sang apparut à l'endroit de l'impact. L'ordinateur portable de McKay glissa puis éclata au sol. Higgins ne parvenait pas à stabiliser l'appareil.
- Lieutenant que se passe-t-il ? beugla Gironde à genoux au sol.
- Les commandes ne répondent plus, nous allons nous écraser !
- Nous sommes entrés dans un puissant champ électromagnétique qui altère au fonctionnement de jumper ! expliqua McKay. Ca nous est déjà arrivé sur la planète des gamins suicidaires...
Il n'eut pas le temps de poursuivre sa théorie car l'appareil rasa le sol, décimant arbres et constructions grecques. Finalement le vaisseau heurta le sol avec fracas et ce fut le néant total...
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