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Accueil/Fanfics/Hecate (part 2)
Informations :
Auteur : Rily
Postée le : 01/08/2006
Note : 9
Nombre de votes : 1
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Histoire :
HECATE

SUITE ET FIN


Teyla et Rodney sortirent seuls de la salle des commandes, le cœur lourd. Le remord les assaillaient, pourtant, ils en étaient tous convenus qu'ils s'agissaient là de la meilleure directive à suivre. Ils jetèrent un dernier coup d'œil au Colonel qui leur tournait le dos, seul devant les commandes du vaisseau, et s'éloignèrent, l'abandonnant face à son destin qui se révélait des plus sombres...
Depuis la brève explosion, les réplicateurs se montrèrent moins agressifs et moins nombreux. La jeune femme les tint malgré tout en joug, sans ouvrir les hostilités et, accompagnée de McKay, elle se faufila dans les couloirs pour atteindre le jumper.
Ronon les attendait à bord de l'appareil, de même que Higgins, grièvement blessé. Ils abordèrent le vaisseau, s'installant à leurs places lorsque Rodney s'agita :
- Hélène n'est pas avec vous ?
- Non, répondit le guerrier.
L'astrophysicien resta un instant médusé puis se releva du siège du pilote, retroussa ses manches et déclara d'une voix grave, ce qui étonna quelque peu les autres :
- Je dois retourner la chercher !
Teyla s'interposa devant le scientifique, prête à tout pour qu'il ne sorte pas de l'engin afin de se faire massacrer. Rodney la dévisagea sans rien dire, ses traits hantés par l'inquiétude et la surprise.
- Alors quoi !? s'écria-t-il enfin. Cela ne vous suffit-il pas de condamner John que vous y ajoutez Hélène ?
- Ecoutez, se justifia l'Athosienne, le Colonel a choisi ce qui lui semblait le plus juste et je le respecte, même si, comme vous, je voudrais qu'il en soit autrement... Cependant, il m'a aussi demandé de ramener son équipe vivante à Atlantis, et...
- Hélène ne fait pas parti de l'équipe ? demanda Rodney d'un air de dédain.
-...comme vous êtes le seul à même capable de piloter le jumper, je ne peux en aucun cas prendre le risque de vous perdre, est-ce clair ? Maintenant regagnez votre place et attendez que Sheppard nous ouvre le hangar. C'est un ordre ! insista-t-elle d'une voix dépourvue de sentiments.
McKay resta un moment immobile, puis il s'assit à contre cœur sur le siège d'habitude réservé au Colonel. Il ne parla plus, trop bouleversé par la disparition de Gironde et la mort tragique qui attendait John d'ici peu.
Le vaisseau mère sortit brusquement de l'hyperespace, abordant le système solaire qui abritait la Cité des Anciens. Le hangar, qui abritait encore quelques chasseurs, entama la procédure d'ouverture. Toute l'équipe se tint prête, dans un silence pesant. Seul se faisait entendre la respiration d'Higgins, haletant sous la douleur qui parcourait son dos lacéré. Rodney engagea les moteur d'un geste hésitant puis s'immobilisa soudainement lorsqu'il perçut un cri à travers le vrombissement des machines :
- Hey !!!! Attendez !!!
Il sauta de son siège et courut ouvrir le sas arrière. Son visage s'illumina en découvrant la silhouette épuisée de la jeune Française encore essoufflée, mais qui, avec un sourire narquois, demanda d'une voix malicieuse :
- Alors McKay ? Vous partiez sans moi ?
- Jamais de la vie ! répondit aussi sec le scientifique dont les yeux exprimaient une immense joie.
Ils se sourirent un instant, puis Gironde, visiblement gênée, entra d'un pas léger en frôlant Rodney qui restait immobile, ahuri devant cette apparition qui dégageait un doux parfum de bonheur.
- On pourrait peut-être décoller maintenant ? railla Ronon.
McKay leva les yeux au ciel, agacé par la situation explosive qui régnait dans l'atmosphère. Il s'installa une fois pour toute aux commandes et attendit. Les portes du hangar grincèrent puis s'ouvrirent progressivement. Il y engagea le jumper dans une manœuvre maladroite de novice. Teyla contacta la base et leur résuma la situation : d'ici une dizaine de minutes, le vaisseau réplicateur atteindrait Atlantis et envahirait la Cité. Ils avaient établi une stratégie pour empêcher ce drame, cependant, elle n'était pas sans perte.
Lorsque Elizabeth apprit que John avait lui-même endossé la responsabilité de détruire l'appareil goa'uld, elle ne put s'abstenir de protester :
- Hors de question qu'il fasse une chose pareille ! Retournez le chercher !
- Impossible ! enchaîna de suite McKay. Sheppard a refermé tous les accès au vaisseau. Même si nous le voulions, nous ne pourrions revenir l'aider !
- Mais enfin il ne peut pas agir de la sorte ! s'écria-t-elle désemparée.
- Il doit avoir l'habitude depuis le temps..., marmonna Hélène arrogante.
Ils se tournèrent vers la Française et lui jetèrent un regard lourd de reproches. Gironde haussa les épaules et sortit un livre de mythologie grecque qu'elle commença à lire.
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A la base, Weir bouillait sur place, ne sachant que faire. La nouvelle lui fit l'effet d'une gifle. Elle se sentait impuissante face aux évènements incontrôlables qui avaient soudainement prit cours depuis Pandoris... Le Colonel qui la haïssait plus que tout au monde trouvait encore le moyen de la faire souffrir davantage, de la faire tomber à genoux et de lui arracher des larmes de douleur. Elle aurait tant aimé se laisser submergé une fois pour toute par la tristesse mais elle s'abstint malgré tout et ne dévoila rien de ce que pouvait endurer son cœur. Elle restait droite, debout au milieu d'une pièce bondée de techniciens, de militaires et de civils, mais n'en demeura pas moins seule et perdue. Finalement, elle ordonna d'une voix sèche :
- Mettez-moi en communication avec le Colonel !
- Impossible, il a débranché son émetteur !
- Essayer d'entrer en contact avec le vaisseau goa'uld ! proposa-t-elle.
Le jeune technicien hocha la tête et au bout d'une demie minute, un grésillement retentit dans les haut-parleurs signalant que la transmission s'effectuait sans aucun problème.
- Colonel ? fit-elle. Ici Weir. Vous m'entendez ?
Silence total. Elizabeth plissa les yeux, saisissant la signification de cette aphasie. Bien sûr qu'il l'entendait ! Il ne se donnait tout simplement pas la peine de répondre à son appel ! Elle soupira longuement, écoutant avec affliction ce silence de haine et de rancoeur que rien, pas même un souffle, ne déchirait.
- Colonel, répéta-t-elle, je suis certaine que vous m'entendez. S'il vous plaît, cessez de faire l'enfant et répondez !
Toujours rien.
- Je sais que vous me gardez rancœur..., commença-t-elle.
- Ah oui ? répondit Sheppard sarcastique. On se demande pourquoi...
- Nous en avons déjà débattu ! enchaîna-t-elle sèchement. Si je vous parle maintenant, c'est pour un autre sujet...
- Laissez-moi devinez ! Ne serait-ce pas parce que je fais exploser ce vaisseau ennemi alors que je suis dedans ? Je n'avais pas le choix ! C'était ça où toute la Cité, peut-être même la galaxie, sombrait sous l'emprise de ces bestioles ! Maintenant laissez-moi tranquille, j'ai autre chose à faire !
- Je comprends votre position qui est sans doute des plus désagréables, commenta Weir. En revanche je ne comprends toujours pas pourquoi vous vous obstinez à sacrifier votre vie dans ce genre de situations ! Qu'est-ce qui vous a tant marqué par delà le passé au point de vous indifférer sur votre existence ?
- C'était la seule solution ! se justifia le Colonel implacable.
- Non John, je suis sûre que si nous avions réfléchis, ensemble, nous aurions trouvé le moyen de...
- Réfléchir, réfléchir ! s'emporta le militaire. Vous ne pensez donc qu'à ça ! En revanche, ajouta-il d'un ton abject, vous vous gardez bien d'agir !
- John vous n'avez pas le droit de..., protesta Elizabeth.
- Je fais ce que je veux avec ma vie ! répliqua-t-il durement.
- Justement non ! se révolta l'autre. Dois-je vous rappeler toutes vos responsabilités ? Vous êtes le plus haut gradé militaire de cette base et vous commandez l'ensemble des militaires présents sur Atlantis ! Par conséquent, vous vous devez de...
- Ah quoi bon vous enticher d'un haut gradé de l'armée puisque vous ne l'écoutez jamais lorsqu'il vous demande d'exécuter son plan ! Engagez donc Higgins ! Il sera parfait pour le rôle du petit chien qui obéit au doigt et à l'œil de son maître !
- Pour l'amour du ciel John ! s'exclama le Docteur. Je vous en prie, ne faîtes pas ça ! Je ne peux pas me permettre de vous perdre !... surtout pas vous..., murmura-t-elle dans un souffle inaudible.

John, toujours aux commandes du vaisseaux goa'uld dont il ne contrôlait presque plus rien, resta silencieux suite à cette remarque. Il fronça les sourcils et tenta tant bien que mal de demeurer impassible et dur. Pourtant, malgré les récents évènements qui les opposaient, il ne put s'empêcher d'admirer une fois de plus Elizabeth qui, seulement à l'aide de simples mots, pouvait remporter de nombreuses victoires sur le cœur des autres. Elle l'avait troublé durant ces derniers instants si bien qu'il se sentit hésiter. Pire encore, il se culpabilisa de l'avoir ainsi traitée durant cette longue semaine. Sa rancœur se dissipa peu à peu, tel un nuage de brume soudainement emporter par un vent matinal. La voix si désespérée du Docteur Weir, qui ne voulait pour rien au monde le voir disparaître, avoua faiblement à travers les communications :
- Tout ce que j'essaie de vous dire Colonel, commença-t-elle hésitante, c'est que... si cette explosion venait à vous ôter la vie... elle n'en viderait pas moins la mienne de tous sens...
Cette simple phrase lourde de sous-entendus lui fit l'effet d'une douche froide. Il serra les dents, puis frissonna en sentant un réplicateur grimper le long de sa jambe. Le champ de force individuel de McKay le protégeait pour l'instant de leurs attaques mais il prit conscience de leur véritable menace lorsque le vaisseau accéléra en vue de la planète qui abritait la Cité des Anciens. Il ne lui restait plus que quelque infimes minutes avant qu'il ne soit trop tard.
Etrangement, il éprouva du regret. Il ne s'était vraiment jamais posé de question sur son avenir, son passé trop douloureux lui obscurcissant l'esprit. C'est pourquoi il lui était si facile de se sacrifier sans jamais vraiment avoir peur de la Mort. A la rigueur il pensait aux magnifiques championnats de football qu'il manquerait, mais là s'arrêtait en général sa peine. Pourtant, aujourd'hui, il sentit un nœud se resserrer dans son abdomen et regarda tristement la planète bleue d'Atlantis qui venait à son encontre.
- Adieu Elizabeth, murmura-t-il avant d'éteindre les communications, de peur de l'entendre pousser un cri de douleur.
D'une main tremblante, il effectua les derniers réglages puis enclencha manuellement la commande d'autodestruction du vaisseau...
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LA SUITE ET PREMIERE FIN :

Durant le laps de temps qui lui restait avant de disparaître, John se remémora avec peine et remords à quel point il avait été détestable avec Elizabeth. Il regretta amèrement de l'avoir ainsi traitée et même s'il lui en voulait encore un peu, il prit conscience que à présent, il ne pourrait plus jamais s'excuser auprès d'elle et voir luire dans ses yeux bleus la petite étincelle d'énervement et de malice, témoin d'une résistance pourtant vaine contre son charisme inégalé.
Il avait beau se concentrer il ne parvenait à revoir son sourire gênée et son expression de complice amusée. La seule image qu'il lui restait, était ses traits durs et ses yeux scintillant de peine...

FLASH BACK

Sheppard pénétra dans le bureau de Weir d'un pas brusque, voir violent et tel le tonnerre de l'orage qui grondait en lui, il cria :
- Bordel Elizabeth à quoi vous jouez ?
Le Docteur Weir referma calmement le dossier sur lequel elle travaillait depuis quelques heures, croisa les doigts et leva enfin les yeux vers le militaire. Elle l'observa un long instant sans rien dire. Le Colonel paraissait hors de lui, prêt à déchaîner sa violence sur n'importe qui. La haine inondait ses traits et obscurcissait son regard au point de le rendre insoutenable. Ses yeux pétillaient de rage et il peinait quelque peu à respirer, trop étouffé par la colère.
Elizabeth distinguait quelques bandages par-dessous ses vêtements, notamment au niveau de l'épaule et du torse, suite à plusieurs fractures des côtes et de l'omoplate.
- Je sais ce que vous pensez..., commença-t-elle.
- J'en doute ! l'interrompit brusquement Sheppard.
- Mais enfin John ! Essayez au moins de me comprendre ! Je ne pouvais envoyer des renforts !
- Je demandais simplement dix hommes ! ragea l'autre. Rien de plus !
- Même avec tout le contingent militaire vous n'auriez pu les sauver ! John ! répéta-t-elle comme pour lui faire entendre raison. Vous l'avez dit vous-même : deux vaisseaux ruches abordaient cette planète !
- Je ne vous demande pas votre avis ! se révolta Sheppard en tapant du poing sur la table. Vous n'étiez pas sur place ! Vous n'aviez pas à juger de la situation !
- Et qu'est-ce que j'aurais du faire selon vous ? s'écria-t-elle en se levant brusquement de son fauteuil. Envoyer ces hommes à une mort certaine ? C'est ça que vous vouliez ? Vous-même avez eu du mal à en réchapper ! ajouta-t-elle un ton au-dessus.
- Vous êtes bien une diplomate ! remarqua-t-il sur un air de dédain. Une des plus hypocrites, qui plus est ! Toujours tranquillement assise derrière votre bureau en attendant que ça se passe ! Vous ne savez strictement rien de la vie dehors et pourtant, vous prenez des décisions qui vous dépassent !
- C'est justement parce que je ne suis pas sous l'influence de l'extérieur que je suis la mieux placée pour prendre ce genre de décisions, vociféra Elizabeth. Et vous n'avez en aucun cas le droit de me remettre en cause !
- Ah oui ? fit John avec une pointe de sarcasme. Un militaire, lui, aurait su m'envoyer des renforts ! Un militaire...
- Je ne suis pas militaire ! le coupa Weir implacable.
- C'est bien là qu'est le problème : vous n'avez pas votre place ici !
Elizabeth le toisa du regard, tout en gardant un profond silence synonyme d'une rancœur grandissante à l'égard du Colonel ainsi que d'une peine immense qu'elle cacha derrière son expression de marbre. Elle n'appréciait pas de le voir enragé contre elle, sans doute parce que, avec le temps, elle était devenue plus sensible à son égard, lui accordant pas mal de grâces dont elle se serait abstenue s'il n'y avait pas eu son doux sourire espiègle et ses traits charmeurs. Elle n'aimait pas que son si tendre visage s'endurcisse pour ne laisser transparaître que haine et dégoût alors qu'il pouvait faire preuve de tant de compassion !
Nin l'un ni l'autre ne baissait les yeux, ni l'un ni l'autre ne se soumettait. Ils se tenaient tête mutuellement et attendaient patiemment que l'un faiblisse, sans grand résultat.
Finalement, John sortit de sa poche une petite carte mémoire provenant de la caméra numérique du Professeur Gironde. En effet l'archéologue les avait accompagnés lors de cette mission afin de prendre quelques images de monuments anciens. Durant l'attaque, elle avait par inadvertance oublié d'éteindre l'appareil, filmant sans le vouloir l'ensemble du massacre.
- Cette planète n'était peuplé que par des gosses ! reprit le Colonel. Dix ans pour la plupart, quatorze pour les aînés ! Je les ai vus mourir sans pouvoir intervenir ! Je les ai vus souffrir et pleurer lorsqu'on leur retirait leur énergie vitale ! C'est vous qui les avez condamnés ! Dix hommes ! répéta-t-il en levant les mains et en écartant ses doigts (histoire de bien insister). Dix hommes et j'aurais pu l'empêcher !
Elizabeth resta placide. Sheppard lui tendit la carte mémoire sous le nez et ajouta d'une voix ténébreuse :
- Puissent leurs cris et leurs visages hanter vos rêves tout comme ils hanteront les miens !
Sur ce, il jeta la carte sur le bureau et, tout en s'éloignant, il lui souffla d'une voix glaciale :
- Soyez maudite !

FIN DU FLASH BACK
****
FIN
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FIN ALTERNATIVE (ou suite) :

- Adieu Elizabeth !
Weir sentit ses genoux se dérober et se retint de justesse à un tableau de commande ancien pour ne pas s'écrouler à terre. D'interminables secondes s'écoulèrent dans un silence d'angoisse avant qu'un éclair blanc ne transperce le ciel, suivit d'une sourde détonation. Les détecteurs et autres radars de la salle de contrôle défaillirent sous l'assaut brusque des radiations ainsi que de l'onde électromagnétique.
La gorge nouée, Elizabeth se demanda s'il n'était pas plus judicieux de regagner ses quartiers, le temps de se calmer. Une vague de désespoir l'envahit soudainement et rejaillit de ses yeux sous forme de perles cristallines qui troublèrent sa vision.
Le jumper accosta enfin à Atlantis et, essuyant d'un geste discret les larmes qui cascadaient sur son visage, elle alla à l'encontre des survivants. Tous affichèrent une mine accablée. Higgins fut emmené par Carson et ses infirmiers au bloc opératoire. Rodney, une fois au sol, sauta du siège réservé au Colonel pour se poser par respect sur celui du co-pilote. Il regarda tristement la place vide qu'il avait occupée plus tôt et soupira longuement. Il regrettait que John ne les ait pas accompagné. Les militaires sans aucune attache qui jouent les héros ont vraiment une cervelle d'oiseau ! Jamais se soucier des conséquences de leurs actes et des sentiments des autres, juste pour avoir un bel enterrement digne des meilleurs soldats ! Ces imbéciles vivaient sans cesse dans le passé sans jamais penser à leur avenir tout ça parce qu'ils avaient ressenti trop de douleur et de souffrance dans les pires missions qui puissent exister.
McKay ne put s'empêcher de penser que Sheppard et bien d'autres n'étaient pas vraiment très nets d'esprit, probablement comme la plupart des militaires de terrain. Combien de fois avait-on retrouvé des soldats de guerre devenus complètement paranos ou maniaco-dépressifs hein ? La vie au service du gouvernement n'était pas rose, bien au contraire...
Tout en méditant là-dessus, le scientifique ne vit pas Hélène reposer le livre de mythologie grecque et s'approcher doucement, silencieuse et discrète comme un spectre porté par le vent. Elle posa une main ferme sur son épaule et l'incita avec le sourire à se relever. Elle le reconduit à ses quartiers et referma la porte.

Ronon et Teyla se retrouvèrent tous deux au mess et mangèrent sans grand appétit. Il était vingt heures du soir et la plupart des membres de la base avaient déjà prit place parmi les longues tables rectangulaires. Le guerrier fixait Teyla de ses yeux rêveurs et tentait tant bien que mal de se tenir correctement. Finalement comme il ne trouvait rien à dire qui puisse la réconforter il lui déclara un peu brusquement :
- Je suis désolé.
- Pardon ? demanda l'Athosienne en sortant d'une rêverie.
- Vous et le Colonel..., hésita l'autre, vous... vous étiez très proche n'est-ce pas ?
- Oui c'est vrai, acquiesça la jeune femme.
Comme elle aperçut une ombre de déception passer sur le visage du Satedien, elle s'empressa d'ajouter :
- Nous étions de très bons amis et je regrette beaucoup qu'il soit mort, même si j'essaie de ne pas en paraître affectée. Je me dis que c'est sans doute ce qu'il voulait après tout, même si à présent sa compagnie me manque affreusement.
- Je vois, fit Ronon qui ne comprenait vraiment pas où elle voulait en venir.
Teyla sembla s'en apercevoir et pouffa de rire ce qui lui redonna un peu de joie. Ils se sourirent chaleureusement pendant un long moment. Puis, Dex se leva et partit chercher un peu de pain ainsi qu'une ration supplémentaire. Manger avec autant de simplicité l'écœurait, lui qui avait vécu sept ans en tant que vagabond chassé. Mais il préférait néanmoins combattre les Wraith et ses autres ennemis l'estomac plein. Après tout, on ne sait jamais ce que vous réserve Demain. Il revint à table et proposa sa part supplémentaire à Teyla qui refusa poliment. Elle l'observa manger avec le sourire car Ronon s'efforçait de bien faire en sa présence. Après un long silence elle annonça :
- Merci...
Le guerrier prit pour une fois le temps d'avaler ce qu'il mastiquait et lui demanda :
- De quoi ?
Elle sembla hésiter puis dodelina de la tête, visiblement gênée. Pourtant elle continua :
- Merci d'être là pour moi... J'apprécie votre soutien et votre présence.
- Ah..., bougonna Ronon. Je... C'est normal de se soutenir, pas vrai ?

Hélène aida McKay à se coucher. Plus les minutes s'écoulaient et plus le scientifique paraissait accablé par les évènements de la journée. De profondes cernes noires se creusaient sous ses yeux ternes et son visage blême indiquait clairement qu'il n'était pas d'humeur à parler. Gironde n'insista pas et s'occupa silencieusement de l'astrophysicien. McKay appréciait sa présence, pourtant, plus il y réfléchissait et plus il se sentait triste et perdu. Demain il se lèverait tôt probablement, mais le Colonel ne serait pas là pour lui voler tous les beignets qu'on offre aux premiers arrivants le matin au mess ou bien même pour remplacer son double expresso serré par un déca écoeurant et fade. Il ne serait pas là pour l'emmener de force en mission ni même pour l'obliger à marcher dans des forêts boueuses ou à travers des déserts arides. Et le soir, il ne l'inviterait plus aux parties de poker, desquelles Rodney sortait toujours perdant fautes de mentir comme un enfant de quatre ans et de croire au bluff des autres.
C'est avec cette lassitude de regret que Rodney ferma les yeux ce soir-là, le lendemain devenant trop dur à imaginer. Hélène le regarda s'endormir sans rien dire. Elle le borda avec une extrême délicatesse et posa un tendre baiser sur le front. Puis, les bras croisés, toujours penchée au-dessus de lui, elle l'observa un long instant avec un sourire méprisant et une expression abjecte que personne ne lui connaissait. Ses yeux clairs s'illuminèrent de l'intérieur, tels deux braises ardentes qui brûlèrent sous le plaisir des souffrances qu'elle comptait infliger à ce peuple démuni de chef... Les projets démoniaques qu'elle envisageait se bousculaient dans sa tête... Les bénéfices qu'elle en tirerait seraient colossaux et si elle se montrait suffisamment prudente, elle pourrait siéger à la tête du Conseil des Grands Maîtres... Le règne d'Hécate ne faisait que commencer...

****

Une heure du matin. Elizabeth n'avait pas le courage de dormir ce soir-là, probablement parce qu'elle redoutait de revivre en boucle les évènements tragiques depuis Pandoris. La nuit extrêmement douce renfermait quantité d'étoiles, toutes plus lumineuses les unes que les autres, tels des diamants cloués sur une toile d'un bleu profond. La mer d'encre s'étendait à ses pieds, noire et impénétrable, sans aucun mouvement, sans aucun reflet d'espoir et de vie.
Elle restait accoudée à la rambarde qui la séparait du vide, sur cet agréable balcon qui offrait à n'importe quelle heure de la journée, mais aussi de la nuit, une vue sublime dont aucun artiste n'aurait pu déceler le secret.
Elle observait la ligne droite de l'horizon, qui séparait le ciel ponctué de lumière et l'océan de ténèbres, puis elle baissa la tête vers l'obscurité des vagues à peine discernable et s'abandonna à la tristesse. Elle pleura silencieusement dans cette atmosphère pesante, étouffant avec peine ses sanglots. Toute la journée elle s'en était abstenue, comme l'aurait fait n'importe quel chef, mais ce soir, elle n'était plus le Docteur Weir, leader d'Atlantis... Elle douta même d'être Elizabeth au caractère d'acier...
Après une intense réflexion, elle comprit enfin qu'elle n'était plus rien, qu'elle n'avait jamais réellement existé et que la seule personnalité qu'elle avait un jour cru voir en elle n'était autre que celle qui avait disparue aujourd'hui dans les flammes. Celle qui riait, qui s'amusait et qui éprouvait du bonheur lors des ses si rares temps libres. Celle qui la rendait sensible et émotive. Celle-là même qui avait eu l'audace d'aimer alors qu'elle se l'était catégoriquement interdit.
Celle qui ce soir tremblait de désespoir, anéantie, affligée, abattue et dont la détresse si terrible la transperça au plus profond de son être, telle une lame froide d'acier qui la fit s'écrouler à genoux sur le sol. Recroquevillée sur elle-même, les larmes brûlantes troublant sa vue, elle se délaissa à son chagrin, trop bouleversée par la mort d'un homme qu'elle avait tant désiré.
Aveuglée par toute cette douleur intérieure, elle ne vit pas une ombre se mouvoir derrière elle, une ombre gigantesque et angoissante qui s'approcha silencieusement, longeant les murs tel un spectre redoutable et démoniaque assoiffé de meurtre.
Ce fantôme aux aspects si irréels dans la pénombre trouva juste de remarquer avec compassion:
- J'ignorais que vous saviez pleurer !
Elizabeth se retourna vers John et le regarda un instant, le souffle coupé, prête à tomber dans l'inconscience parce qu'elle ne pouvait y coire. Elle s'effondra en larmes et murmura d'une voix étranglée par le chagrin :
- Ma pauvre Liz, voilà que tu deviens cinglée... Réveille-toi maintenant, c'est beaucoup trop dur à endurer...
John resta un instant immobile, surpris par cette réaction. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle se déstabilise davantage en le découvrant, au contraire il avait espéré lui apporter un peu de réconfort !
D'un geste affectueux, il la prit délicatement dans ses bras et la berça doucement, lui soufflant dans l'oreille des " tout va bien ", " ce n'est rien ", " je suis là maintenant ". Elizabeth, d'abord réticente, se perdit dans son étreinte s'assurant toutefois qu'elle ne rêvait pas en déposant ses doigts fins sur son visage et en le caressant d'une main tremblante. Sheppard lui sourit tendrement et la resserra davantage contre son torse. Il ne l'avait jamais vue dans cet état, si humaine et si fragile à la fois. Il n'avait jamais imaginé que le Docteur Weir puisse être capable de dévoiler ses sentiments, si beaux et si secrets soient-ils... et il n'avait surtout jamais envisagé qu'il s'enflammerait à l'idée d'être là pour la consoler, la maintenir contre lui, l'observer enfin dans toute sa vulnérabilité et essuyer ses larmes avec passion...
Elizabeth se calma progressivement, sans pour autant se défaire de l'étreinte. Au contraire, elle s'y enfonça un peu plus profondément. Puis relevant la tête vers John elle chuchota :
- J'étais désespérée à l'idée de ne plus jamais vous revoir...
- Oui, il paraît que je fais cet effet à beaucoup de femmes ..., plaisanta John sur un ton taquin.
- Vous êtes stupide ! bougonna Weir en le tapant faiblement sur le bras et en s'écartant.
- Oh Elizabeth, vous n'allez pas faire votre mauvaise tête ! déclara-t-il en la retenant. Après tout, je n'ai disparu que quelques heures...
- Pour moi, vous étiez mort le temps de toute une vie ! se révolta-t-elle la voix encore troublée et les yeux larmoyants.
- C'est pour ça que je suis revenu..., avoua-t-il dans un murmure.
Il l'observa longuement avec le sourire car elle ne comprenait visiblement pas comment il en avait réchappé cette fois-ci.
Sheppard avait manifestement un don extraordinaire pour se sortir des situations les plus désespérées ! Certes, il avait pris le risque de programmer l'autodestruction trente secondes en avance : juste le temps de rejoindre le hangar, d'embarquer sur un chasseur de la mort et de filer aussi vite que possible... Il avait fait encourir à la Cité un danger énorme car les réplicateurs auraient très bien pu déjouer le verrouillage du système. Seulement, pour rien au monde, il n'aurait souhaité partir sans revoir une dernière fois le visage de Weir ainsi que de son équipe.
Elle restait là, immobile, ne sachant trop comment elle devait se comporter après une telle proximité... Elle se leva finalement au grand désespoir de John qui appréciait un peu trop son contact, et s'accouda de nouveau à la rambarde pour diriger cette fois-ci son regard vers les multitudes d'étoiles.
Il la fixa sans rien dire, admirant en silence cette vision sublime, presque irréelle. Un désir profond l'animait, une ardeur habilement dissimulée le consumait à petit feu, lui soufflant qu'il devait écouter son cœur et non pas le règlement. Cependant, pour rien au monde il n'aurait souhaité troubler leur relation en agissant trop vite. Il devait se montrer patient, car Elizabeth était et sera toujours quelqu'un de subtil qui n'hésiterait pas à s'écarter, à disparaître au moindre faux pas.
Finalement, il vint à ses côtés et lui annonça avec un sourire espiègle :
- Venez avec moi, je dois vous montrer quelque chose...
Weir fronça les sourcils mais n'eut pas le temps de répondre car il l'entraîna brusquement dans une course frénétique qui dura plusieurs kilomètres. Les yeux verts du militaire pétillaient de malice. Ils s'enfoncèrent tous les deux dans les recoins obscurs de la Cité et parvinrent en un lieu complètement étranger à Elizabeth. Le tout comportait une pièce immense avec une ouverture sur l'espace et en son centre un appareil imposant, semblable à un télescope démesuré...
- Un observatoire, comprit-elle.
- Je l'ai trouvé il y a quelques mois, alors que je vagabondais dans ce coin là, expliqua John. Je n'en ai pas parlé parce que je ne voulais pas que McKay et Zelenka viennent fourrer leur nez par ici. Ils en auraient ôté tout le charme avec leur vocabulaire scientifique et leurs théories savantes !
- Je comprends, fit Elizabeth en hochant la tête. Cet endroit est comme une sorte de sanctuaire pour vous.
- Oui, avoua-t-il. J'y viens tous les soirs et j'admire un à un les astres de Pégase et des autres galaxies...
- Et moi qui croyais que vous passiez vos nuits à...
Elle s'arrêta soudainement et laissa sa phrase en suspens, affichant un sourire gêné et évitant le regard réprobateur du Colonel, ce qui la fit rougir presque autant que son T-Shirt. Sheppard esquissa un sourire et secoua la tête, vraisemblablement amusé. Il reprit en tentant de garder son sérieux :
- Il y a tellement de choses spectaculaires à déceler dans cet espace de noir... Avec ce télescope super évolué, on obtient des images sensationnelles. J'ai récemment fait une liste des plus beaux objets à observer. Peut-être aimeriez vous en voir quelques-uns ?
- Avec plaisir, approuva Weir.
Ils s'installèrent avec enthousiasme devant l'appareil d'observation. Sheppard manœuvra l'engin avec aisance et sans jamais hésiter, il lui fit découvrir des nébuleuses aux couleurs pastelles, des vestiges de supernova s'entremêlant pour donner naissances à de nouvelles étoiles, des amas de galaxies au formes fantastiques ainsi que des nuages de poussière dorée, s'enflammant comme par magie à l'approche d'une distorsion gravitationnelle plus communément appelée " trou-noir "...
Elizabeth ne put s'empêcher d'admirer davantage cet homme si épatant qui ne cesserait jamais de l'étonner. Ils restèrent ainsi toute la nuit, heureux, ne prenant compte que de l'instant présent et du spectacle qui se déroulait sous leur yeux, à des milliers d'années lumières dans l'espace lointain.
De nos jours, certains hommes se vantent de proposer le monde aux femmes qu'ils chérissent. Ce soir-là, c'est toute l'immensité et la passion de l'Univers que John offrit à Elizabeth...

FIN



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