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Auteur : Rily
Postée le : 01/08/2006
Note : 9
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Histoire :
QUE LE MEILLEUR GAGNE SUITE :
Lorsque John ouvrit les yeux, il fut immédiatement aveuglé par l'éclairage pourtant faible de la pièce. Il sentit ses vêtements complètement imbibés de sueur. Allongé sur un fauteuil et déboussolé par une migraine constante et douloureuse, il chercha en vain la cause de ce pénible réveil. Trois personnes lui apparurent dont une jolie blonde qui le dévisageait avec mépris. Puis il reconnut sans peine le terrible Procureur qu'il avait affronté durant ce long procès où avait eu lieu le jugement de sa vie... Où était-il ? Que s'était-il passé ? Que faisaient-ils là ?
Il se souvint tout d'abord d'une appellation : M2P 971. Une planète qu'il devait visiter avec son équipe. La suite défila à vive allure devant ses yeux jusqu'au moment incertain où les deux frères l'avaient plongé dans un sommeil obscur dans lequel il n'avait rêvé que d'une ombre indistincte.
- Emmenez-les ! ordonna sèchement Icarro'v à ses deux subordonnés.
Le Procureur releva rapidement le Lieutenant Colonel affaibli qui remarqua pourtant bon nombre de détails sur ses agresseurs.
Icarro'v semblait avoir quelque peu changé, plus chauve et plus marqué par la vieillesse, il restait néanmoins très adroit et n'en paraissait que plus féroce. La femme, Véga, de taille moyenne et apparemment très jeune portait un uniforme noir, impeccable, sur lequel était cousu en fil d'argent le grade de " Sergent " ce qui suscita la curiosité du Colonel. Et le troisième, nommé Lasc'ar, dont la carrure approchait celle d'un videur, souleva sans peine le corps de Ronon, encore inconscient.
Puis le regard de John se tourna vers son équipe mal en point. McKay paraissait très pâle, Teyla étourdie, et Elisabeth se massait le côté gauche du visage où un large hématome douloureux apparaissait. Néanmoins le Docteur semblait apaisée en apercevant Sheppard sain et sauf.
A peine sortirent-ils de la pièce, que le Procureur prit l'arme de Véga et abattit d'un geste vif les deux jumeaux sans leur laisser la moindre chance, ni même le temps de réagir. John qui avait rapidement reprit ses esprits s'apprêtait à attaquer cet homme démoniaque lorsque Icarro'v attrapa Weir par les cheveux et pressa le canon de son arme dans le cou du Docteur.
- Ce serait dommage que je l'élimine maintenant ! déclara le Procureur sur un ton menaçant. Il dévisagea Sheppard de ses yeux amusés tandis que le Colonel tentait tant bien que mal d'étouffer sa haine et son dégoût.
Chacun s'abstint de tout mouvement brusque et continua sa route. Teyla et Rodney marchaient d'un pas lent, surveillés très attentivement par le Sergent Véga tandis que Lasc'ar fermait la marche, Dex sur ses épaules.
Weir restait sous l'emprise d'Icarro'v qui s'amusait à attiser la jalousie du Colonel, en glissant sa main dans les cheveux du Docteur et en l'attirant contre lui afin de mieux maintenir son arme contre sa gorge...
De nombreux plans d'évasion défilaient dans l'esprit de John qui parvenait à peine à penser sensément sous le poids des idées noires qui l'envahirent... Personne ne le menaçait, et il pouvait sans doute filer comme il l'entendait. Pourtant il ne put se résoudre à abandonner son équipe aux mains de cet homme diabolique. Ce qui n'empêchait pas les autres de l'abandonner, lui... Bien qu'Elisabeth et Ronon restaient dans l'incapacité de fuir, les deux autres membres de son équipe pouvaient tenter de s'échapper. Tout ce dont ils avaient besoin étaient d'une diversion...
Il prit de l'avance et rejoignit Teyla qu'il frôla en murmurant d'une voix presque inaudible :
- Dès que l'occasion se présentera, je veux que vous et McKay dégagiez d'ici !
- Quoi ? s'interloqua l'Athosienne. Mais vous...
- Cela n'a aucune importance ! Teyla, incita-t-il sur un ton à la fois implorant et autoritaire, vous nous serez plus utiles libres que prisonniers !
La jeune femme hocha la tête, consciente qu'il s'agissait de la bonne solution. Néanmoins elle ne put s'abstenir d'ajouter :
- Prenez soin des autres et de vous-même.
Il lui sourit, sans rien dire, et perdit de sa vitesse pour se retrouver derrière Icarro'v. S'il supposait juste, Teyla et McKay ne tarderaient pas courir vers la liberté.
Le petit groupe quitta l'immeuble avant de s'engager dans une foule indifférente. Les rares passants qui comprenaient que l'équipe du Colonel nécessitait de l'aide, s'écartaient subitement en apercevant les armes et l'expression menaçante de leurs agresseurs...
Il y eut un long grincement en provenance du bâtiment qu'ils avaient quitté. Puis les murs tremblèrent soudainement avant de s'écrouler dans un grondement assourdissant qui effraya la populace. Un nuage de débris s'éleva des décombres et chacun toussa sous l'effet brûlant de la poussière qui s'en dégagea.
McKay fixa cet immeuble où il dormait peu de temps auparavant et imagina avec effroi la douleur qu'il aurait ressentit s'il était resté quelques minutes de plus.
Les murs s'entrechoquaient les uns contre les autres puis s'abattaient contre terre, emportant avec eux tout le matériel informatique qui vola en éclat, mais servant aussi de tombe pour les deux jumeaux Andro et Médys qui, bien qu'ensevelis à jamais dans les ruines de la bâtisse, resteraient éternellement gravés dans le cœur des Atlantes pour qui ils avaient consacré les dernières minutes de leur existence...
L'astrophysicien frissonna et ne remarqua pas la foule s'agiter. Le groupe de prisonniers se vit bousculer en tous sens et Teyla sauta sur l'occasion. Elle tira violemment McKay et l'emmena à travers la masse de gens qui s'écartaient précipitamment de l'éboulement.
Véga poussa plusieurs injures mais n'osa se servir de son arme, de peur de blesser des innocents...Icarro'v, animé par le désir de vengeance, n'hésita pas et cribla le vide d'une dizaine de tirs.
Deux des rayons destructeurs filèrent dans l'air et s'écrasèrent contre les murs des constructions encore intactes de la ville. Deux autres finirent leur course dans la terre sablonneuse de M2P 971. Cinq atteignirent les passants, dont trois furent mortellement blessés. Enfin, la dernière décharge se planta dans le dos de l'Athosienne, au milieu des omoplates, laissant le sang s'écouler abondamment de cette blessure profonde. Teyla poussa un faible cri avant de s'effondrer sous les yeux horrifiés de Rodney. L'astrophysicien s'agenouilla auprès de la jeune femme et paniqua en constatant qu'elle ne respirait plus.
Icarro'v et ses serviteurs approchaient rapidement, l'arme au poing, Teyla était gravement blessée, et lui, Rodney McKay, Docteur en astrophysique, l'un des savants les plus doués au monde, restait paralysé par la peur qui l'envahit soudainement.
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- Je vous en prie Docteur Zelenka ! Ne faîtes pas ça !
Mais Radek n'entendait plus... La haine avait prit la place de l'intelligence, et comme chez tous les hommes, son pouvoir de persuasion l'emportait sur la raison... Une lueur de folie scintillait dans ses yeux et un petit sourire moqueur s'afficha sur son regard de marbre. Kavanagh avait attenté à la vie du Lieutenant Colonel Sheppard et de son équipe ; Kavanagh avait voulu supprimé Weir ; Kavanagh avait bien faillit le tuer ; Mais à présent, la situation était toute autre...
Le Professeur Gironde fixait l'expression de Radek qui demeurait inchangée... Elle connaissait ce regard pour ne l'avoir que trop souvent observé chez les hommes. Chaque être humain pouvait être capable d'une douceur immense, des qualités les plus honorables... Mais l'Homme pouvait aussi commettre les pires crimes, accomplir les actes les plus atroces, sans remords, comme hypnotisé par le pouvoir destructeur qui sommeillait au fond de lui et qui refaisait surface dès l'instant où il se voyait en possession d'une arme capable de tuer...
Le Professeur Gironde prit son courage à deux mains et s'interposa entre les deux hommes au moment même ou Zelenka pressait la détente... La balle siffla et vint se planter dans l'épaule de la jeune femme. Le Tchèque revint soudainement à lui et regarda pétrifié le spectacle. Il lâcha le Beretta sous le coup de la surprise. Que lui était-il passé par la tête ? Qu'avait-il osé faire ? Tout s'embruma dans son esprit perdu...
Hélène laissa s'échapper un cri et serra les dents en gémissant. La douleur de l'impact n'était rien comparée à la souffrance qui se dégageait à présent de son bras. Les deux militaires coururent en direction du scientifique et le maîtrisèrent sans aucune difficulté. Une fois la menace écartée, Carson et son équipe s'occupèrent immédiatement du Professeur blessée. Kavanagh parvint lui aussi aux côtés de leur chef provisoire et déclara d'une voix solennelle :
- Je vous exprime toute ma gratitude... Merci de m'avoir fait confiance et d'avoir su faire la part de vérité... Jamais notre vraie supérieure n'aurait été capable d'un tel tact et d'un tel courage pour moi et...
Gironde ne le laissa pas finir et se retournant vivement vers lui, elle lui envoya un poing au visage. Le Docteur chancela sous l'effet de la surprise et s'apprêtait à riposter verbalement lorsque Gironde ordonna d'une voix ferme au soldat ici présent :
- Je veux que cet homme soit mis aux arrêts de même que le Docteur Zelenka !
- A vos ordres Madame !
Les militaires emmenèrent les deux scientifiques en cellule. Carson et ses infirmiers conduisirent Gironde à l'infirmerie et s'occupèrent d'elle de toute urgence bien que sa blessure ne paraissait que superficielle :
- Mais enfin ! Vous voyez bien que je n'ai rien ! s'exclama-t-elle. Laissez-moi repartir ! J'ai toute une base à diriger et je...
- Vous resterez ici jusqu'à nouvel ordre ! Vous rendez-vous compte qu'une balle a traversé votre épaule ? insista-t-il d'une voix lourde de reproches.
- Ce qui me préoccupe Docteur, c'est le bien-être de cette Cité !
- Ah oui ? s'esclaffa Beckett. Et pendant combien de temps croyez-vous pouvoir tenir ainsi le commandement de cette base ?
- Que voulez vous dire ? l'interrogea Gironde qui n'aimait pas ce ton d'humour noir.
- Que vous êtes responsable et qu'en aucun cas vous ne devez agir comme vous l'avez fait ce matin ! Le Docteur Weir vous a donné les rênes, ce n'est pas pour vous faire tuer ! Est-ce clair ?
Le Professeur ne répondit pas, consciente que le médecin avait raison. Carson parvint enfin à lui retirer la balle de l'épaule. Elle gémit quelque peu puis une fois le bandage terminé elle se leva subitement sous les réprobations de Beckett qu'elle n'écouta nullement. Finalement, comme, il ne pouvait se faire entendre et qu'Hélène s'enfuyait déjà de l'infirmerie, il déclara à ses subordonnés d'une voix exaspérée :
- Nous allons faire un diagnostic complet du Docteur Zelenka. Sortez le matériel !
Gironde, à l'écoute de cet ordre, revint sur ses pas et ordonna d'une voix sèche :
- Faîtes de même avec Kavanagh !
- Mais pourquoi ? s'exclama Carson.
- Bien qu'il soit narcissique, égoïste et lâche, il n'est pas du genre à agir comme tel. Je veux les résultats d'ici une heure !
- Bien Professeur ! dit Carson qui répéta l'ordre à ses assistants.
Sur ce Hélène sortit d'un pas pressé et rejoignit la salle de contrôle. Elle y pénétra, parcourue d'un léger frisson. Tout le personnel restait silencieux. Elle garda la tête haute et s'avança parmi les membres absorbés par les données qu'ils recevaient en permanence sur leur écran. Certain observèrent discrètement la jeune femme. Une expression surprise s'afficha sur le visage de chacun lorsqu'ils découvrirent la blessure qui parcourait son bras.
Hélène s'apprêtait à prendre la parole lorsque un événement perturbateur lui coupa le souffle. Tout s'éteignit soudainement. Les lumières, les appareils, les ordinateurs, tous cessa brusquement de fonctionner dans un bruit sourd et distinct. La Cité toute entière sombra dans les ténèbres...
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Lorsque le Procureur Icarro'v arriva sur place, accompagnés par ses deux sbires et de leurs prisonniers, il constata avec rage que les fugitifs s'étaient tout bonnement évaporés. Il ne restait seulement qu'une flaque épaisse de sang qui se mélangeait déjà à la terre sèche de M2P 971.
- Voulez-vous que nous continuons les recherches ? demanda Véga dont la voix laissait transparaître une certaine peur.
Le Docteur Weir, toujours sous l'emprise d'Icarro'v, perçut dans les yeux de la jeune femme une crainte immense qu'elle dissimulait avec peine. Pourquoi le Procureur lui inspirait tant d'horreur ? Qu'était donc devenu cet homme qui autrefois appartenait à la cour d'un peuple prospère ?
- Non ! grogna le Procureur. Il est déjà trop tard... Nous ne devons pas rester ici ! Emmenez-les tout de suite à votre vaisseaux !
- Entendu, acquiesça la femme soumise.
Ils se dirigèrent tous les cinq vers l'engin qui reposait tranquillement en dehors de la ville. Le Sergent Véga se plaça derrière le Colonel et pointa son arme dans le dos de ce dernier. Elle ne le quittait pas des yeux, prête à décharger les munitions dévastatrices au moindre geste suspect. John comprit qu'elle n'avait plus le droit à l'erreur.
Il repensa tristement à Teyla. Elle était tombée sous le feu du Procureur. Elle s'était effondrée sous les yeux apeurés de l'astrophysicien et Sheppard avait pu observer le sang qui coulait abondamment de sa blessure... Tout ce sang qui s'était échappé... Le remord l'assaillait. Teyla n'avait fait qu'obéir à ses ordres, or à présent, elle était atteinte d'une profonde blessure mortelle.
Souffrait-elle ? Survivrait-elle ? John l'ignorait... Mais il espéra néanmoins jusqu'au plus profond de lui-même que McKay serait se montrer suffisamment intelligent pour la sauver et la ramener sur Atlantis... Une haine profonde l'envahit soudainement et son regard s'assombrit en se remémorant son triste séjour sur Aphrodis... Aujourd'hui le Procureur revenait pour le capturer et éliminer les siens... John se jura intérieurement de venger l'Athosienne...
Ils pénétrèrent dans le vaisseau de grande taille dont le volume égalait dix à douze fois celui d'un jumper. Carrosserie noire et métallique, les rebords saillants, il inspirait une certaine crainte et réflexion par sa nature de combat. Sheppard observa sur la coque externe de petites inscriptions en lettres d'argent qui dénommaient vraisemblablement le vaisseau : Jews Vega...
L'appareil appartenait donc au Sergent Véga. Passerelles en acier, parois recouvertes de peinture métallique, mobilier en titane... Elisabeth constata sans surprise que le décor correspondait parfaitement au caractère glacial de la jeune mercenaire dont Icarro'v avait vraisemblablement loué les services...
Bien qu'il n'en laissa rien paraître, John se sentit dépassé par la tournure que prenaient les évènements. Pourquoi Icarro'v refaisait-il surface dans sa vie ? Pourquoi les avoir enlever ? Qu'avait donc derrière la tête cet " homme de justice " ? Cet homme qui autrefois l'avait Accusé aux yeux de tout un peuple ! Qu'espérait-il obtenir aujourd'hui ? telle était l'énigme qui se posa parmi les détenus...
- Enfermez les autres en cellule et amenez le Lieutenant Colonel au laboratoire !
- Bien Procureur, obéit Lasc'ar.
Le " laboratoire "... John frissonna à l'écoute de nom...Il observa une dernière fois ses compagnons. Elisabeth se plongea dans son regard. Une expression inquiète et préoccupée embellissait ses traits et le Colonel ne put rester de marbre en découvrant ce visage de peur qu'il aimerait tant réconforter. Il lui fit un maigre sourire dont il avait le secret et qui parut quelque peu apaiser le Docteur...
Weir disparut des yeux de John à l'instant où Icarro'v referma la porte du cachot dans lequel il la jeta violemment. Lasc'ar en fit de même avec Ronon et l'aménagea dans une pièce annexe.
Sheppard fut emmené dans une petit salle, qui ne contenait pour mobilier qu'un fauteuil de titane sur lequel Véga s'empressa d'installer le Lieutenant Colonel. Elle le frappa en pleine poitrine d'un coup de pied retourné. Sheppard recula sous la puissance du choc, perdit l'équilibre et n'eut d'autre choix que d'atterrir dans le siège piégé.
En effet, ses poignets et ses chevilles furent soudainement immobilisés par des sangles d'inox intégrées. Surpris et inquiet, le Colonel passa en revu les visages sadiques et pervers de ses agresseurs. Il se sentait piégé, tel le rat de laboratoire qu'il était devenu...
Reprenant son calme de soldat, il demanda :
- Que comptez vous me faire ?
- Vous libérez... , ricana le Procureur.
Sheppard le fixa longuement. Les yeux d'Icarro'v scintillaient d'une lueur machiavélique qui ne présageait rien de bon. Ils étaient semblables à deux braises rouges qui ne cessaient de luire par leur intelligence démoniaque.
La femme, Véga, tenait fermement une seringue étincelante dans laquelle John put apercevoir un liquide noir qui atteignait la barre des cinquante milligrammes. Elle approcha lentement l'aiguille près du cou du Colonel jusqu'au moment inévitable où elle lui enfonça la pointe luisante dans la gorge...
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Dissimulé derrière deux planches de bois qui barricadait la petite lucarne, McKay regardait de ses yeux apeurés Icarro'v et sa troupe s'éloigner...
Pourquoi ne les cherchaient-ils pas davantage ? Pourquoi cet empressement, cette démarche nerveuse ? Que fuyait donc le Procureur ?
Rodney ne s'attarda pas plus dans ses songes car un faible gémissement s'éleva à ses côtés. Teyla ouvrit les yeux et afficha une grimace de douleur, incapable de bouger davantage. Malgré les maigres soins que l'astrophysicien lui avait apporté, sa blessure restait des plus graves et elle ne survivrait pas ainsi dans cet état bien longtemps... L'anti-douleur qu'il lui avait injecté ne la maintiendrait pas éternellement à cet état stable et il redoutait déjà les effets qu'aurait la souffrance d'ici une heure...
Le regard errant dans le vague, elle demanda d'une voix faible :
- Docteur McKay ?
- Taisez-vous ! répliqua sèchement ce dernier qui craignait l'arrivée spontané de leurs agresseurs...
Puis, prenant conscience de la douleur qu'elle devait endurer, il déclara d'une voix plus douce, dans le vague espoir de la réconforter quelque peu :
- Tout va bien Teyla, je suis là...
- Que s'est-il passé ? Où sommes nous ? questionna-t-elle en découvrant la pièce sombre dans laquelle ils s'étaient cachés.
- Vous avez été blessée durant notre fuite. Vous êtes tombée dans l'inconscience. Icarro'v et ses hommes approchaient, je n'ai pas eu d'autre choix que de vous amener ici, chez ces gens..., expliqua-t-il en désignant d'un mouvement de tête sept personnes qui se tenaient debout, le regard animé d'une vive curiosité.
- Mais..., s'exclama Teyla en découvrant les traits de chacun, ... Ce sont des enfants !
- Evidemment que ce sont des enfants ! soupira le scientifique. Des adultes responsables ne nous auraient jamais ouvert leur porte !
- Vous devriez vous estimer heureux ! objecta l'Athosienne.
- Heureux ? s'étrangla l'astrophysicien visiblement à bout de nerf. Heureux ? Nous sommes à des années lumières d'Atlantis ! Nous sommes des fugitifs pourchassés par une bande de malades ! Le Docteur Weir et le Lieutenant Colonel sont tous les deux prisonniers en compagnie de notre cher Ronon ! Comme si cela ne suffisait pas, vous êtes gravement blessée et il ne nous reste plus beaucoup de temps avant que vous finissiez tout bonnement par rendre l'âme ! Mais miracle ! s'écria-t-il sarcastique. Au grand miracle ! Nous avons trouvé refuge chez une bande de gosses orphelins dont la moyenne d'âge ne doit sans doute pas dépasser les sept ans !!!
- Je vous en prie Rodney... s'écria faiblement Teyla avant de replonger dans le coma.
Rodney se tût subitement à l'écoute de cette voix si souffrante. Il se haït intérieurement de s'être emporté de la sorte alors que cette jeune femme, si valeureuse pourtant, se mourait petit à petit... Que devait-il faire à présent ?
- Contacter la base... comprit-il à haute voix.
Seulement, un nouveau problème se posa : il devait sortir... Il était contraint de faire face à sa plus grande peur : se risquer à l'extérieur, se faire reconnaître, être dénoncé, capturé, peut-être même torturé pour mourir dans la plus abominable des souffrances...
- Teyla ! souffla une voix profondément ancrée dans son esprit et qui le sortit subitement de ses sombres cauchemars... Il concentra toutes ses pensés sur la jeune Athosienne, sur ce nom qui avait fait rejaillir la raison dans sa tête, ce nom qui lui inspirait tant de respect et de courage... Teyla.
Il se ressaisit et se leva, enfin décidé à agir. Il observa la bande de gamins qui se tenaient serrés dans un coin de la pièce, le regard animé par la contemplation de cette scène si étrange. L'astrophysicien désigna de l'index un petit brun aux vêtements élimés et décousus :
- Toi ! Comment tu t'appelles ?
- Sirius, murmura le petit garçon.
- Très bien Sirius. Tu vas veiller sur elle comme s'il s'agissait de ton plus beau jouet ! ordonna-t-il en le plaçant brusquement à côté de Teyla.
L'enfant renifla quelque peu puis il tira la manche de McKay :
- J'ai jamais eu de jouet ! se plaignit-il les larmes aux yeux.
- Eh bien imagine ! s'énerva le scientifique qui retirait prestement son bras de peur que le garçon ne se mouche dedans...
Comme Sirius pleurait à présent à chaudes larmes, Rodney se tourna vers une fille qui semblait un peu plus âgée :
- NOM ! PRENOM ! PROFESSION !
- Je m'appelle Ticarastafis, répondit timidement la jeune sous l'interrogatoire brutal de l'adulte.
- Très bien Ticarastaface ! Tu ne quitteras pas mon amie jusqu'à mon retour ! C'est bien clair ? insista-t-il d'une voix lourde de menace.
La petite hocha la tête puis se plaça à côté de la jeune guerrière. McKay poussa un long soupir d'exaspération avant de s'éloigner vers la sortie...
- C'est Ticarastafis ! rectifia la gamine.
- Peu importe ! ragea Rodney visiblement agacé.
Sur ce, il s'aventura dans les rues bondées et étroites de M2P 971. D'abord peureux, il marchait presque accroupi, puis il se cacha derrière les passants dont la carrure imposante effrayait le monde. Au fur et à mesure qu'il se familiarisait avec son environnement, il se redressa, et, confiant, il avança d'un pas sûr vers la Porte qui ne reposait plus qu'à une dizaine de mètres. Il s'approcha du DHD et entra les coordonnées, lançant de temps à autre un regard furtif derrière lui. Au moment même où il s'apprêtait à presser le dernier bouton, le vortex s'ouvrit de l'extérieur.
Rodney regarda hébété l'ouverture, puis cette expression d'ahurissement se transforma bien vite en terreur lorsqu'il aperçut plusieurs Darts s'échapper de l'horizon des évènements.
Il se cacha instinctivement derrière le DHD et compta le nombre de vaisseaux qui traversèrent la Porte. Huit, peut-être neuf... Et il en arrivait d'autre encore, ne laissant jamais de répit au vortex qui restait continuellement bloqué... Les moteurs des chasseurs hurlèrent au-dessus de la ville, puis, un grondement attira l'attention de l'astrophysicien. Rodney leva les yeux vers le ciel et observa avec horreur le vaisseau-ruche qui pénétra dans l'atmosphère...
M2P 971, dite Dionysos, était attaquée.
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- Je vous en prie, dîtes-moi que c'est une mauvaise blague ! Je ne vous en voudrais pas... soupira le Professeur Gironde.
Chacun garda un silence gêné : non, il ne s'agissait en aucun cas d'une plaisanterie !
- Très bien... Je veux savoir d'où vient cette panne ! exigea-t-elle implacable.
Chacun s'activa à l'écoute de cette voix autoritaire qui sonnait à leurs oreilles comme un réveil matin. Au bout de plusieurs minutes de recherche, Christopher se leva et vint lui faire son rapport :
- Il semblerait que cela affecte toute la Cité !
- Je comprends pas ! Qu'est-ce qu'il a bien pu se passer ? s'interloqua Hélène.
- Il y a certainement dû y avoir une panne collective de tous nos générateurs ainsi que de l'E2PZ, supposa le jeune homme.
Gironde haussa un sourcil. Puis elle demanda ironiquement :
- Simple curiosité : Quelles sont les chances d'avoir une panne simultanée de toutes nos batteries ?
- Je dirais qu'elles varient de une sur cent mille, avoua le technicien non convaincu.
- Une sur cent mille ? répéta l'archéologue d'un ton moqueur. Eh bien messieurs je vous conseille de jouer au loto ! Il s'avère qu'aujourd'hui soit notre jour de chance ! déclara-t-elle au personnel de la pièce.
Il y eut un bref rire étouffé en provenance des membres présents, ce qui détendit quelque peu cette froide atmosphère où il ne régnait qu'obscurité et silence...
Gironde reprit son sérieux et analysa la situation. Cela n'était pas qu'une simple panne dû au hasard. Quelqu'un avait volontairement éteint tout le système. Quelqu'un, ou quelque chose...
Elle se tourna vers le chef de la sécurité et elle ordonna d'une voix ferme :
- Envoyer vos hommes en reconnaissance près des générateurs et prévenez-moi au moindre problème. Et j'aimerais aussi que tous les membres de cette base soient équipés de radio. Je ne veux en aucun cas perdre le contact avec qui que se soit !
- A vos ordres, répondit ce dernier avant de sortir de la pièce.
Gironde se posta devant la vitre qui laissait apparaître la salle d'embarquement, immergée de pénombre... Elle observa l'anneau par lequel s'effectuait tant de traversées puis demanda à Christopher toujours à ses côtés :
- L'iris est-il toujours fiable ?
- Non madame, et il en est de même pour la Porte.
- Je vous demande pardon ? s'esclaffa Gironde.
- Oui, continua l'autre, nous ne pouvons plus enclencher le Stargate et contacter l'extérieur.
- Et les autres ? s'enquit le Professeur qui redoutait à présent une attaque.
- La Porte est totalement hors-tension. Il n'y aura donc aucune activation extérieure non programmée, rassura le jeune homme.
- Enfin une bonne nouvelle, marmonna la Française.
Quelques minutes plus tard le Docteur Beckett l'appela à travers les communications. Sa voix semblait perturbée et Hélène s'en inquiéta :
- Professeur, j'aimerais que vous me rejoignez en salle d'infirmerie.
- Que se passe-t-il Carson ? demanda l'autre intriguée.
- C'est important, se contenta de dire le médecin.
Gironde haussa un sourcil. Que redoutait donc Beckett... Pourquoi ne pas l'informer du problème par radio ? Carson ne cherchait pas à éveiller l'attention... Mais la seule question qui préoccupait à présent le Professeur, c'était " de qui ? ".
Elle parvint avec peine à l'endroit dit. La Cité plongée dans les ténèbres, il était difficile de s'orienter. Carson se tenait debout au milieu de la pièce et regardait d'un mauvais oeil un scanner. Hélène s'approcha et observa elle aussi l'image. Il lui montra de l'index une tâche blanche qui ressortait au niveau du cerveau et lui rapporta d'une voix troublée :
- Cela ne devrait pas être là !
- De quoi s'agit-il ? demanda Gironde en plissant les yeux pour mieux distinguer l'image dans l'obscurité.
- Je n'en suis pas sûr, commença-t-il, mais je crois qu'il s'agit d'un appareil qui émet des ondes télépathiques, ce qui, si vous voulez mon avis, est très perturbant...
- A qui appartient ce scanner ? s'empressa Gironde de plus en plus préoccupée par cette tâche blanche.
- Au Docteur Kavanagh, avoua le médecin. Vous nous aviez demandé de lui faire un diagnostic.
- Pourtant tout est tombé subitement en panne, objecta Gironde.
- Oui, c'est pourquoi nous n'avons sorti que cette image, expliqua le médecin.
- Il y a peut-être eu un trouble dû à la baisse soudaine de tension, supposa le Professeur.
- Non, je ne crois pas, révéla le scientifique. D'ailleurs si vous regardez bien le scanner, vous constaterez que tout est net.
Après une brève analyse, Hélène demanda :
- Quel en sont les symptômes ?
- Je pense que cela affecte leur pensée et les incite à agir contre leur volonté...
- Et selon vous : Comment le Docteur Kavanagh peut-il avoir reçu un émetteur d'onde télépathiques dans le cerveau ?
- Je ne peux rien affirmer, mais selon moi, la technologie que nécessite une telle opération ne peut provenir que de deux peuples à ma connaissance. Les premiers étant les Anciens...
- Les seconds étant les Wraith, comprit Hélène d'un air grave.
Ils se dévisagèrent tout les deux dans le silence pesant et dans la pénombre omniprésente. Une question s'imposa dans l'esprit de chacun : Combien d'hommes et de femmes Atlantes étaient à présent les esclaves des Wraith ?
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Un long hurlement retentit à travers le Jews Vega. Un cri perçant et douloureux qui résonna à travers la coque métallique et qui ne cessait de hanter le silence pesant. Un appel à la Mort qui erra frénétiquement dans l'atmosphère glaciale du vaisseau, tel un spectre de souffrance qui voguait dans le désespoir...
Elisabeth Weir se sentit défaillir à l'écoute de toute cette douleur. Elle avait rarement entendu le Colonel hurler de la sorte. Le souvenir d'une telle souffrance remontait à l'une de leur première mission, alors qu'un insecte Wraith s'était accroché à son cou pour le meurtrir petit à petit...
Le cœur d'Elisabeth se resserra dans sa poitrine et des larmes inondèrent ses yeux... Le chagrin l'emporta. Elle ne pouvait supporter de l'entendre ainsi souffrir. Elle regretta amèrement de l'avoir engagé dans son équipe. Il avait beaucoup trop enduré à cause d'elle...
Elle aussi souffrait. Peut-être pas physiquement comme le Colonel mais le moindre souffle de douleur qui s'échappait de sa gorge la transperçait profondément dans son âme et lui cisaillait le cœur.
- Je vous en prie, murmura-t-elle, arrêter ce supplice...
Ses poignets liés, elle ne pouvait porter ses mains à ses oreilles afin d'étouffer le bruit. Mais si elle le pouvait, le ferait-elle ?
Sa gorge lui brûla soudainement. John sentit son sang bouillonner lorsque la toxine pénétra dans ses artères. Ses poumons s'enflèrent et il respirait difficilement. La sensation était terrible et il ne put s'empêcher de crier. Il lui sembla que de l'acide parcourait son corps, et qu'à présent, le produit rongeait chaque parcelle de son être...
Sa tête lui donna l'impression d'être un champ de bataille où éclataient des obus par centaine. La fièvre fit son apparition et il suait à grosses gouttes. Le néant l'assaillit, le froid l'envahit, un froid intense qui le gela intérieurement. Il se mit à trembler, de manière inquiétante. Il fut soudainement parcourut de crampes. Il convulsa...
- La dose était beaucoup trop élevée ! intervint le Sergent Véga tout en sortant le matériel nécessaire pour une éventuelle réanimation.
- Ca suffit ! ragea le Procureur en attrapant violemment la femme par le bras.
Celle-ci le dévisagea l'air sévère et s'apprêtait à soigner le Colonel mais Icarro'v resserrait fermement les doigts autour de son épaule, si bien qu'elle tomba à genoux, soumise par la force de son chef... Néanmoins rien ne l'empêcha de remarquer :
- Mort, il nous est inutile !
- Il survivra ! conclut le Procureur d'une voix déterminée. C'est pour cela que nous l'avons choisi...
John perdit connaissance.
Il se réveilla péniblement dans une pièce plus grande et plus éclairée. Icarro'v l'observait d'un air hautain, un sourire sadique parcourant son visage. Véga se tenait dans la pénombre et croisait les bras. Lasc'ar n'était pas présent.
John avait la nausée et peinait à rester éveillé. Il grelottait, pourtant la chaleur l'assaillait et sa peau ruisselante de sueur lui donnaient la sensation de brûler... Il releva la tête vers le Procureur et demanda d'une faible voix :
- Que m'avez vous fait ?
Icarro'v ne répondit pas tout de suite à la question. Il s'approcha dans un mouvement fluide et agile, puis se pencha face à Sheppard et le dévisagea longuement avant de s'engager dans une longue analyse :
- Je dois l'admettre Colonel, il y a beaucoup de courage et de noblesse dans votre regard. Beaucoup de dignité et d'honneur... Mais j'y distingue aussi de la peur... Une peur immense !
John plissa les yeux et attendit la suite.
- Je serais flatté si j'en étais la cause, mais ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ?
Le Colonel garda le silence.
- Non, bien sûr que non... Vous ne me craignez pas... Cette peur ne vous est inspirée que de par vous-même. Oui, vous avez peur de vous... Peur de votre force, de votre détermination ! Peur de devenir celui que vous cherchez tant à faire disparaître mais qui, malgré tous vos efforts, reste ancré au fond de vous-même. Celui qui fait surface les nombreuses fois où vous êtes impuissant, et qui vous fait commettre les pires actes de votre existence... Vous savez que vous avez le potentiel d'accomplir des choses terrifiantes ! Des choses immorales ! Et c'est ce dont vous redoutez tant !
Sheppard se sentait peu à peu gagné par la colère. Icarro'v le remarqua et continua avec le sourire :
- Vous souffrez intérieurement car vous vous battez tous les jours contre vous-même dans le vague espoir de ne pas basculer du mauvais côté ! Cela doit vous ralentir quand vous vous refusez à tuer quelqu'un... Lorsque vous faîtes un interrogatoire... Qu'est-ce qui vous fait donc tenir face à cette ombre ? Serait-ce votre liberté, votre paix intérieur, votre honneur ? C'est peut-être l'amour si ça se trouve !
John tremblait de nervosité. La haine et le dégoût l'étouffait. Il aimerait tellement étrangler cet homme afin de ne plus l'entendre parler. Pourquoi se sentait-il tellement atteint par ses dires ? Parce qu'il s'agissait de la vérité...
- Oui Colonel, continua l'autre satisfait, chaque matin lorsque vous vous levez, vous tremblez en vous observant dans le miroir, car malgré la tolérance et la générosité, vous distinguez dans vos yeux cette ombre... Cette ombre discrète mais présente qui vous inflige bien des sueurs froides. L'ombre de votre esprit, l'ombre de votre cœur... Cette ombre que l'on retrouve en chaque individu, cette présence si subtile qui vous contraint parfois à de mauvais choix... Mais ce qui vous effraie tant Colonel, c'est que, au plus profond de vous-même, vous sentez que cette ombre gagne du terrain ! Vous percevez l'importance qu'elle prend et parfois même elle devient prédominante dans votre tête ! Qu'est-ce qui vous fait donc tenir face à cette ombre, Colonel ? Serait-ce votre liberté, votre paix intérieur, votre honneur ? C'est peut-être l'amour si ça se trouve ! Ce n'est qu'illusion, Colonel, hallucination ! Et vous le savez bien !
Sheppard, regardait vers ses chaussures à présent, tentant de ne pas écouter les mots si véridiques de cet homme de loi.
- Vous savez de quoi je parle Colonel ? je parle des nombreuses fois où vous prenez votre P-90 et où vous abattez des soldats dans leur dos. Je parle des fois où vous éliminez les Wraith déjà mourant, les fois où vous vous engagez dans un combat que vous savez inutile ! Cela vous anime de tuer ? Cela vous soulage n'est-ce pas ?
- Mais bon sang ! s'emporta soudainement John. Est-ce que vous allez enfin me dire ce que vous m'avez fait ?
Une lueur machiavélique scintillait dans les yeux d'Icarro'v. Il murmura d'un ton moqueur :
- J'ai libéré cette ombre, Colonel, et je compte à présent m'en servir contre votre gré !
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